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> de
(préposition)
Marque des rapports de liaison, d'origine, de destination, de possession, etc.
Particule qui précède le nom d'un noble.

>
(nom masculin)
Petit cylindre qu'on met au bout du doigt pour pousser l'aiguille.
Petit cube marqué de points pour jouer.
Tout objet en forme de petit cube.

Homonymes - paronymes :
dais (baldaquin).
dès (préposition).
dey (chef en Algérie).
des (article).

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gadget vista Dictionnaire de l'Académie française (8e édition)
- DE : afficher la définition du dictionnaire de l'Académie française...
> DE
préposition qui sert à marquer proprement :

1° Un rapport de départ, d'extraction, d'origine, etc.;

2° Un rapport de possession, de famille, de nombre, de matière, etc.;

3° Elle sert aussi à former le complément d'un grand nombre d'adjectifs, le complément indirect de beaucoup de verbes;

4° Elle tient lieu encore de diverses autres prépositions;

5° Elle est quelquefois simplement explétive et donne lieu à divers gallicismes.

I° Dans le sens propre, DE sert à marquer un Rapport de départ, de séparation, d'extraction, de dérivation, d'origine, etc. Il arrive de Londres. D'où vient-il? Se mouvoir de haut en bas, de bas en haut. Descendre de chenal. S'éloigner de quelqu'un. Ôtez-vous de là. S'écarter de la ligne droite. S'écarter de la route. Partir d'un lieu. Aller d'une ville à une autre, de ville en ville. L'espace qui s'étend du fleuve à la montagne. Une chose transmise de père en fils, de génération en génération. Arracher un clou de la muraille. Les mots qu'on a retranchés de ce passage. L'huile qu'on extrait des olives. Le marbre qu'on tire d'une carrière. Que conclure, qu'inférer de cette réponse? Je l'ai reçu de ses mains.

Regarder, considérer, etc., du haut d'une montagne, de près, de loin, d'en bas, etc., Diriger ses regards vers un objet du haut d'une montagne, d'un lieu qui est proche, qui est loin, etc. On dit dans un sens analogue Parler de loin, de près. Écouter de loin, de près, etc.

Il s'emploie d'une façon particulière pour distinguer les noms propres désignant des familles nobles, ordinairement empruntés au lieu d'origine, à quelque particularité locale, à une terre, etc. Henri de La Tour d'Auvergne. Madame de Maintenon. Monsieur de Caylus. Dans la plupart de ces dénominations, il y a ellipse d'un titre de noblesse. Madame (la marquise) de Maintenon. Monsieur (le comte) de Caylus.

Il se prend quelquefois comme nom par allusion au sens qui précède. Mettre le de devant son nom. Cet emploi est familier.

Il sert principalement à marquer la Relation d'une distance ou d'une durée quelconque avec le lieu, avec l'époque où elle commence. Paris est à trente lieues d'Orléans. Il était loin de moi, près de moi, auprès de moi, à deux pas de moi, à quelque distance de moi. Il se vit à deux doigts de sa perte. Distant de... Voisin de... Proche de... Approcher, s'approcher de... De la tête aux pieds. Nous verrons bien des choses d'ici à ce temps-là, d'ici là. D'aujourd'hui en huit. Du jeudi au dimanche. Du matin au soir. De temps en temps. D'heure en heure. De moment en moment.

Ils étaient de vingt à vingt-cinq, Leur nombre était entre vingt et vingt-cinq. Je serai chez vous de cinq heures à six, Je serai chez vous entre cinq et six heures.

Il s'emploie également dans certaines locutions pour marquer une Relation qui est entre les personnes ou les choses. Il y a une grande différence de l'un à l'autre, de cet homme à celui-là. Différer du tout au tout. Traiter de puissance à puissance, d'égal à égal, de pair à compagnon, de Turc à More, etc. De vous à moi cela ne peut souffrir aucune difficulté.

Fam., Ceci est de vous à moi, ceci de vous à moi, Ceci doit rester secret entre vous et moi.

Il indique aussi le Rapport d'une portion ou fraction à la totalité, souvent avec l'idée accessoire de retranchement ou d'extraction (et toujours avec complément déterminé). Le tiers, le quart, la moitié de la somme. Il perdit une partie de sa fortune, et, dans un sens analogue, la totalité de sa fortune. Une portion, une partie du territoire. Le reste du temps. Il fait partie de cette assemblée. Donnez-lui un morceau de ce pain. Prenez quelques gouttes de cette potion. Cela n'a rien diminué de sa gloire. Quel est le plus habile de ces deux hommes? ou (en considérant à part l'un de l'autre les termes comparés et en redoublant la préposition) Quel est le plus habile, de cet homme-ci ou de celui-là? Il envoya dix hommes de sa troupe. De deux choses l'une. De deux jours l'un. De tous les pays que j'ai parcourus, aucun ne m'a paru plus beau que la France. On doit rapprocher les locutions Rien du tout, Point du tout, Pas du tout, Pas la moindre chose prise sur le tout.

Il a très souvent le sens partitif de Quantité vague, nombre indéterminé. Prendre de la nourriture. Manger de la viande, de bonne viande. Boire du vin, de bon vin, du vin vieux. J'ai de bon tabac. De l'eau bonne à boire. Des soldats braves. De braves soldats. Ce sont de bonnes gens. C'étaient de jeunes et jolies femmes. C'étaient de jeunes fous. Dire de bonnes plaisanteries. Dire de bons mots. Prendre des oiseaux. Donner de l'argent. Je veux du bon, du beau, du neuf, du solide, etc. Il y a des hommes ainsi faits. Il est des moments où... Si j'ai de l'argent, ce n'est pas pour l'aventurer follement. Le pluriel Des a quelquefois le sens de Plusieurs. Il a été des années sans le voir. On y voit des milliers d'arbres.

Dans les phrases négatives, DE partitif équivaut à peu près aux mots NUL, AUCUN, mais alors le nom qui le suit est sans article. Je n'ai de volonté que la tienne. Je ne connais pas d'homme plus importun. Parler sans faire de fautes. Il n'a point tué d'ennemis. Ne pouvoir souffrir de rival, de rivaux. N'avez-vous point d'enfants? N'avoir plus d'amis, de bien.

Quelquefois la phrase a un tour négatif et un sens positif. Dans ce cas, le nom qui suit DE doit toujours être précédé de l'article. N'avez-vous pas de la santé, de la fortune, des amis? que vous faut-il de plus? Il ne peut parler sans faire des fautes.

Il sert également dans certaines locutions à marquer Conformité. Je suis de votre avis. Cela n'est pas de mon goût. Les cérémonies d'usage. Ce mot n'est d'usage que dans telle phrase. Cela n'est plus de mode. Cela n'est pas de la bienséance. Cela n'est pas de jeu. Je sais ce qui est de mon devoir. Comme de raison. Comme de juste. De l'aveu de tout le monde. C'est de mon consentement qu'il a fait cela. Il est de fait que... On dit à peu près de même Cela est de rigueur. Être de mise, etc.

De par le roi. Formule qui signifiait Au nom du roi et qui se mettait au commencement de divers actes publics portant sommation, injonction, etc. On mettait aussi, en tête des jugements qui autorisaient la saisie ou la vente des biens meubles et immeubles, De par le roi, la loi et justice.

II° DE sert à marquer Appartenance, dépendance.

1° Avec un complément déterminé, c'est- à-dire qui indique d'une manière précise telle personne ou telle chose. Le livre de Pierre. La maison de mon frère. La patrie, le nom, la condition, la profession d'une personne. La miséricorde de Dieu. Les actions de quelqu'un. Le siècle de Louis XIV. Le roi de France. Les habitants de Paris. Les arbres des forêts. Les soldats d'une compagnie. Les animaux de telle classe. Un homme du peuple. Les gens de sa profession. Les hommes de l'art. La qualité, la nature, l'essence, la matière d'une chose. La force du lion. La beauté d'une femme. Les charmes de la vertu. Le sujet d'un discours. Le sens d'un mot. La largeur d'un fleuve. La couleur d'une étoffe. La dureté du fer. Le bruit du canon. La lumière du soleil. L'importance d'une affaire. L'agrément d'un séjour.

C'est là le propre, le fait d'un ignorant. Elliptiquement, Cela n'est pas d'un honnête homme, Cela n'est pas le propre ou l'action d'un honnête homme.

2° Avec un complément indéterminé, c'est- à-dire qui n'indique la personne ou la chose que d'une manière vague et générale : Ménage de garçon. Bien de famille. La qualité d'ambassadeur. La profession d'avocat. Caprice d'enfant. Nom d'homme. Nid d'aigle. Poisson de rivière. Eau de fontaine. Voix de femme. Tableau de genre. Pièce de canon, d'artillerie. Excès de chaleur. Couleur d'or.

À cet emploi se rapportent plusieurs locutions particulières, telles que : Au lieu de. En vertu de. À titre, en qualité de. À l'égard de. À propos de. À cause de. En conséquence, par suite de. En présence de. À côté de. Au travers de, etc.

Nous allons présenter séparément chacun des rapports divers qui ont plus ou moins d'analogie avec celui d'Appartenance, de dépendance.

1° Rapport d'une chose à celui qui l'a faite, produite, etc. Les tragédies de Corneille. Les tableaux de Raphaël.

2° Rapport d'une personne ou d'une chose au lieu d'origine; d'une chose au lieu où elle a été faite, où elle s'est passée, etc. Denys d'Halicarnasse. Le vent du nord, du sud. Du vin de Champagne. Un foulard des Indes. Le concile de Trente. La bataille d'Austerlitz.

3° Rapport au temps, à l'époque. Les institutions du moyen âge. Du vin de telle année. Les moeurs du temps. Les hommes d'à présent, d'aujourd'hui.

4° Rapport à la cause (presque toujours avec complément indéterminé) Pluie d'orage. Acte de dévouement. Trait de courage. Mouvement d'impatience. Cri de douleur. Accès de fièvre. Larmes de plaisir. Tour de faveur.

5° Rapport à l'instrument (surtout avec complément indéterminé). Coup de bâton. Coup de fusil. Trait de plume. Signe de tête. Serrement de main.

6° Rapport d'une personne à une autre, établi par les liens du sang, par quelque alliance, par les sentiments, le devoir, les conventions, etc. Le père d'Alexandre. Le fils de mon ami. L'oncle, le cousin de ma femme. La femme, la veuve d'un tel. Les héritiers du défunt. Les disciples de Socrate. Les amis, les ennemis d'une personne. L'aide de camp d'un général.

7° Rapport d'une chose à ce qu'elle concerne, à son objet, à sa fin, à son but. Le Ministère de la Justice. L'Administration des Postes. Une société d'assurance. Le commerce des grains. La jouissance d'un bien. Le droit de chasse. La composition d'un ouvrage. La nouvelle d'un événement. La défense d'un accusé, d'une doctrine. Voeu de chasteté. Traité de paix. Acte de vente. Certificat d'origine. Le souvenir d'un événement. Inspirer à quelqu'un l'horreur du vice, la haine des méchants, le mépris des richesses, l'amour du vrai, du juste, etc. On doit rapporter à cet emploi les locutions telles que Le ministre de la Justice, le directeur des Postes, les assureurs d'un navire, le possesseur d'une chose, l'auteur d'un livre, d'un tableau, des rivaux de gloire, et leurs analogues.

8° Rapport particulier au sujet traité, à la chose expliquée, enseignée, etc. Le titre des successions. Dictionnaire des rimes. Cours d'histoire, de droit. Leçons de dessin, de danse, etc. On dit en des sens analogues Professeur d'histoire. Maître de danse, etc.

9° Rapport à la destination habituelle ou momentanée (surtout avec complément indéterminé). Salle de spectacle. Place d'armes. Cour de justice. Port de mer. Habit de cérémonie. Vêtement d'homme, de femme. Chien de chasse, d'arrêt. Pierre de touche. Valet de pied. Les hommes de garde, de service, de corvée, etc. On dit dans un sens analogue Être de garde, de service, etc.

10° Rapport à la profession (presque toujours avec complément indéterminé). Un homme de cabinet, de lettres. Un homme de guerre, d'épée. Un homme de peine. Une femme de ménage.

11° Rapport à la condition (presque toujours avec complément indéterminé). Un homme de qualité, de condition. Un fils de famille. Un homme de basse extraction. Un homme de peu, de rien.

12° Rapport d'une personne ou d'une chose à ce qui la modifie et la distingue, à sa qualité, à sa nature, etc. Un homme de haute taille. Une personne de mauvaise mine. Un homme de génie, de courage, de bonne volonté. Un enfant d'un bon naturel. Une rivière de peu de largeur. Une chose de même grandeur, de la même grandeur qu'une autre. Affaire d'importance. Marchandises de bonne, de mauvaise qualité. Remède d'un effet sûr. Étoffe de durée. Robe de couleur. Fruit de forme ronde. Poudre de senteur.

13° Rapport particulier d'une personne ou d'une chose à ce qui constitue sa dimension, sa valeur, sa durée, sa force, etc. Un homme d'un mètre quatre-vingt-cinq. Une pièce de vingt francs. Une dot de cent mille francs. Une armée de cent mille hommes. Une maison de cinq étages. Un vers de dix syllabes. Un enfant de six mois. Un froid de dix degrés.

14° Rapport du contenant au contenu. Une bouteille de vin. Une tasse de café. Un panier de fraises.

15° Rapport de la partie au tout, à l'ensemble. ù Avec complément déterminé : La main d'une personne. Le derrière de la tête. Le bout du doigt. La lame d'une épée. Le pied d'une montagne. Les colonnes d'un temple. Le commencement, la fin, le milieu, l'extrémité de quelque chose. ù Avec complément indéterminé : Une lame d'épée. Une main de femme. Une branche d'arbre, etc.

16° Rapport d'une chose à ce dont elle est formée (toujours avec complément indéterminé). Une goutte d'eau. Une prise de tabac. Un morceau de pain. Une pièce de terre. Une somme d'argent. Un escadron de hussards. Un couple de pigeons. Une classe d'animaux. Un recueil de poésies. Les expressions de quantité forment avec la préposition De un grand nombre de locutions, qui toutes se rapportent à cet emploi. Beaucoup d'argent. Trop de richesses. Assez de pouvoir. Peu de bien. Plus de monde. Moins de ressources. Combien de soldats.

17° Rapport particulier d'une chose à la matière dont elle est faite. Une porte de bois. Un pont de pierre. Une barre de fer. Une tabatière d'or. Une table de marbre. Un habit de drap. Un lit de plume. Un collier de perles. C'est un homme de chair et d'os comme vous et moi. On dit figurément Un coeur de roche. Un bras de fer.

DE s'emploie, dans certaines locutions consacrées, pour exprimer l'Excellence d'une chose sur toutes les autres choses de même nature; en termes d'Histoire Sacrée, Le Saint des saints, Le lieu le plus saint du temple. Le Cantique des cantiques, Le cantique par excellence. Vanité des vanités, La plus grande des vanités. Dans le style élevé, L'Être des êtres, L'Être suprême, etc. On dit, dans un sens analogue, Le fin du fin.

Il sert quelquefois à déterminer les noms qui désignent une Personne considérée par rapport à une certaine qualité. Possesseur de fait. Héritier de droit. Il n'était roi que de nom. Anglais d'origine. Français de coeur. Il est chirurgien de profession, de sa profession. On dit à peu près de même Possession, gouvernement, puissance de fait.

Il se met encore, dans le discours familier, après un nom, ou après un adjectif qui peut être employé comme nom, pour joindre ces mots avec le nom de la personne ou de la chose qu'ils qualifient. Ce diable d'homme. Quel chien de métier! Un fripon d'enfant. Un drôle de corps. Une drôle d'affaire.

III° DE précède également le mot ou les mots qui servent à déterminer, à préciser la signification d'un adjectif. Plein d'eau. Vide de sens. Bien fait de sa personne. Doux et humble de coeur. Perclus de tous ses membres. Large de six mètres. Âgé de trente ans. Digne d'envie, d'estime, de louange. Sûr de son fait. Responsable de quelque chose. Avide de gain. Jaloux des succès d'autrui.

Après un verbe, il introduit souvent le nom qui indique la Matière, l'instrument, le moyen, l'objet indirect de l'action, la cause, etc. Il a fait de ce bloc une statue admirable. Il veut faire de son fils un avocat. Faire de nécessité vertu. Déjeuner d'un pâté. Frapper du pied la terre, le plancher. Se servir d'un couteau. S'armer de résolution. User d'adresse. Payer de ses deniers. Payer de sa personne. Envelopper de paille. Frotter d'huile. Charger de marchandises une voiture, un bateau. Dépouiller quelqu'un de ses habits. Combler de pierres un fossé, un puits. Élever de plusieurs pieds une digue, une muraille. Accabler de coups, de reproches. Pourvoir des choses nécessaires. Priver quelqu'un de ses biens, de la vue. Accuser d'un crime. Enflammer de courroux. Ravir de joie. Toucher de compassion. Souffrir de la goutte. Souffrir des yeux, de la poitrine. Mourir de faim. Trembler de peur.

Il sert quelquefois â introduire l'attribut du complément d'objet d'un verbe transitif. Traiter quelqu'un de lâche, le qualifier de traître; se qualifier de prince, etc., Appeler quelqu'un traître, lâche; prendre le titre de prince, etc. On dit de même Taxer de folie, de sottise, etc.

Souvent DE est suivi d'un infinitif, lorsqu'il sert, comme dans les divers exemples qui précèdent, à déterminer les mots qui expriment une action, une qualité. On l'accusa d'avoir conspiré. Je vous charge de lui écrire. Faites-leur signe d'approcher. S'efforcer de marcher. Il s'excusa d'y aller. Se repentir d'avoir trop parlé. Désespérer de réussir. S'ennuyer de lire.

Il se place de même entre certains verbes transitifs et l'infinitif qui indique l'objet direct de l'action. On lui conseilla de partir. Négliger d'écrire. Se proposer de faire une chose. Dites-lui de venir. Avant que l'orateur eût commencé de parler. Il ne laissa pas de le faire. Il mérite d'être admis.

Plusieurs verbes, tels que Commencer, continuer, etc., se construisent, devant l'infinitif, tantôt avec la préposition De, tantôt avec la préposition À.

Il concourt pareillement, avec l'expression qu'on lui donne pour complément, à indiquer la Manière dont une action se fait, s'exécute, et quelquefois pour exprimer un état. Faire entrer quelqu'un de force. Frapper d'estoc et de taille. Jouer de bonheur, de malheur. Boire d'un seul trait. Franchir d'un saut, d'un bond. Être de travers. Regarder de côté. Parler d'abondance. Répondre de vive voix. D'une voix unanime. Peut-on se comporter de la sorte? Je m'y prendrai de telle manière. De façon ou d'autre. Tous deux étaient d'intelligence. Ils ont agi de concert. Agir de soi-même, de son chef, de son propre mouvement. Aimer de tout son coeur. Cela va de soi. Posséder de fait. Succéder de droit, de plein droit.

IV° DE a quelquefois pour complément le mot qui désigne la Personne ou la Chose d'où part l'action qu'éprouve une autre personne, une autre chose; et alors il équivaut à la préposition PAR. Se faire suivre de ses gens. Ce mot est quelquefois précédé de tel autre. Il voulait n'être vu de personne. Je ne suis pas connu de vous. Se faire aimer, se faire bien venir, se faire haïr de quelqu'un. Il est respecté de tous.

Il s'emploie aussi après beaucoup de verbes, ou de locutions qui en tiennent lieu, dans le sens des mots Sur, touchant, concernant, relativement à. Je l'informerai de votre arrivée. Ce mot se dit de telle chose. Que pensez-vous de cela? Médire de quelqu'un. S'ingérer, se mêler des affaires d'autrui. Parler d'une affaire. Trafiquer, faire trafic de quelque chose. Décider du sort de quelqu'un. Traiter de la paix. Il ne s'agit point, il n'est point question de cela. Répondre de quelqu'un. Désespérer de sa guérison. Se méfier de quelqu'un. Féliciter quelqu'un d'un succès. Se repentir d'une faute. Se plaindre de quelqu'un. Faire justice d'un traître. Différer d'avis. Justifier de sa qualité. Rendre compte de sa gestion. Demander réparation d'une injure. Faire fi de quelque chose. Cela fait foi de ce que j'ai avancé. Il en sera de cela comme du reste. Pour ce qui est de lui. C'est fait de nous. Il y va de ma vie. Ce chapitre traite de telle matière. La peste soit du maladroit! etc. Souvent, dans les titres d'ouvrages, de chapitres, etc., tout ce qui précède la préposition est sous-entendu; ainsi on dit simplement De la chasse, Du théâtre, etc. pour dire Ouvrage, chapitre, article qui traite, où il est parlé de la chasse, du théâtre, etc.

Fam., On dirait d'un fou, etc. Voyez DIRE.

Devant le mot Côté désignant un lieu, un endroit ou une face de quelque objet, De reçoit plus fréquemment une valeur analogue à celle de Vers, dans, à, sur. Mettez-vous de ce côté-ci, vous verrez mieux. Il est allé du côté d'Orléans. Voulez-vous que nous passions de l'autre côté? Regardez bien de ce côté. Cette robe est plus longue de ce côté que de l'autre. On en rapproche les locutions suivantes : De côté et d'autre. D'un côté... de l'autre ou d'un autre. D'une part... d'autre part. D'une et d'autre part. De mon côté, Pour ce qui me regarde. Se ranger, se mettre du parti de quelqu'un, Embrasser son parti.

DE entre aussi dans plusieurs locutions adverbiales, ou autres, qui indiquent une Certaine époque ou une certaine durée. Nous partîmes de nuit, de jour. Je sortis de bonne heure. De grand matin. De présent (en termes de Procédure). Du vivant d'un tel. C'était bien autre chose de mon temps. De tout temps il en fut ainsi. Il ne viendra pas d'aujourd'hui. Il ne m'a pas quitté de tout le jour. Je ne le reverrai pas de huit jours. De ma vie je n'ai vu pareille chose. De mémoire d'homme.

DE sert quelquefois à unir le nom commun d'une chose avec le mot ou l'expression qui la distingue de toutes les autres choses semblables. La ville de Paris. Le fleuve du Rhône. Le mois de septembre. La comédie du " Misanthrope ". Le mot de gueux est familier. Le cri de Vive le roi!

Souvent, DE précède un infinitif pour remplacer un mode personnel au passé. L'action est exprimée ainsi avec plus de vivacité. C'est ce qu'on appelle l'infinitif de narration ou l'infinitif historique. Aussitôt les ennemis de s'enfuir et de jeter leurs armes. Il s'éloigna tout honteux, et nous de rire.

Lorsqu'un infinitif est placé après le verbe dont il est le sujet, il est précédé régulièrement de la préposition De. On dit Mentir est honteux et Il est honteux de mentir. C'est folie, c'est être fou que d'entreprendre cela. C'était peu pour lui d'avoir obtenu cet avantage. C'est à vous qu'il appartient de l'interroger. Il est juste de le récompenser. Il convient d'agir promptement. Il importe de le savoir. Il suffira de vous dire que... Il entre dans ses vues de leur laisser ignorer cela. À quoi sert-il de dissimuler? ou simplement Que sert de dissimuler? L'essentiel, le principal, le plus sûr est d'agir ainsi, de faire telle chose.

DE, précédant un adjectif, un participe passif, etc., est explétif et peut ordinairement se résoudre par un pronom relatif suivi du verbe Être. Il y eut mille hommes de (qui furent) tués. Il y a dans ce qu'il dit quelque chose de (qui est) vrai. Y a-t-il quelqu'un d'assez (qui soit assez) ignorant pour... Je ne vois rien là de (qui soit) bien étonnant. A-t-on jamais entendu rien de (qui soit) pareil? Sa conduite n'a rien de (qui soit) noble. Rien de (qui soit) plus simple que cela. Je ne vois rien là de (qui soit) mieux. Sinon, rien de fait (qui soit fait, arrêté, conclu).

Pour toutes les autres locutions, telles que D'avance, d'abord, d'ailleurs, du moins, de suite, du reste, de plus belle, de nouveau, d'ordinaire, de grâce, de retour, etc., voyez les différents articles des mots qui accompagnent la préposition.

> DÉ
n. m.
Petit morceau d'os ou d'ivoire, de figure cubique, ou à six faces, dont chacune est marquée d'un différent nombre de points, depuis un jusqu'à six, et qui sert à jouer. Des dés bien marqués. Jeu de dés. Jouer aux dés. Tenir les dés. Piper les dés. On dit aussi Dé à jouer pour le distinguer de Dé à coudre.

Coup de dés, Le nombre de points que l'on amène en jetant une fois les dés.

Un beau coup de dé, Un heureux hasard.

Fig. et fam., C'est un coup de dés ou de dé, C'est une affaire où le hasard aura beaucoup d'influence. Jouer sa fortune sur un coup de dé, La risquer dans une entreprise hasardeuse.

Fig. et fam., Tenir le dé dans la conversation, Se rendre maître de la conversation.

Fig. et fam., Faire quitter le dé à quelqu'un, rompre le dé, Obliger quelqu'un à céder, à renoncer à quelque entreprise.

Fig. et fam., Le dé en est jeté, se dit en parlant d'un Parti pris, de la résolution où l'on est de faire une chose, quoi qu'il puisse arriver.

Fig. et fam., À vous le dé, C'est à vous à parler, à répondre, à agir.

Fig., Les dés sont pipés, Les choses ont été préparées pour que le jeu ne soit plus loyal; il y a de la tromperie, de la tricherie.

Par extension, en termes d'Arts, il désigne Toutes sortes d'objets ou de dispositifs qui en rappellent la forme, tels que la Partie cubique d'un piédestal; les Petits cubes qu'on place sous des poteaux, des colonnes, des vases, etc., pour les isoler de terre; le Petit bloc de cuivre ou de fonte qu'on fixe au centre d'une poulie pour en recevoir l'axe, etc.

> DÉ
n. m.
Petit instrument de métal ou d'autre matière solide, en forme de calotte, dont celui ou celle qui coud se garnit le bout du médius de la main droite, afin de pousser l'aiguille plus facilement et sans risquer de se blesser. Dé d'or, d'argent, d'ivoire etc. Dé ouvert, par opposition à Dé fermé, est le Dé dont se servent les tailleurs et qui n'est pas terminé par une calotte.

On dit aussi Dé à coudre pour le distinguer du Dé à jouer.


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> DE
Prononciation : de
prépos.
Sens 1
Suivi de l'article le, de se contracte en du avant un nom qui commence par une consonne ou une h aspirée ; suivi de l'article les, il se contracte en des ; devant une voyelle ou une h muette, l'e de de s'élide. Les sens de la préposition de, comme ceux de la préposition à, sont très nombreux et passent par des nuances que l'on saisit mieux en la considérant dans ses constructions avec les espèces de mots qu'en essayant de les rendre par des périphrases. En conséquence ces constructions seront rangées en dix classes ainsi qu'il suit : A. De entre un substantif et un autre mot ; B. de entre un adjectif et un autre mot ; C. de construit avec un pronom personnel ; D. de construit avec un pronom interrogatif ; de construit avec le pronom démonstratif celui ; E. de entre un nom de nombre et un autre mot ; F. de entre un verbe et un verbe ou un autre mot ; G. de avec un adverbe ; H. de avec une préposition ; I. de construit avec une conjonction ; J. conjonction composée avec de.
A. De entre un substantif et un autre substantif. 1° Il marque un rapport d'appartenance. Le livre de Pierre. Les fables de la Fontaine. Les malheurs de la guerre. J'ai suivi en cela l'avis de tous les jurisconsultes et de la plupart des casuistes.
Citation : Pour vous voir renoncer par l'hymen d'une reine à la part qu'ils avaient à la grandeur romaine, CORN. , Nicom. I, 2
Citation : Lui même en diverses formes Range les troncs coupés des chênes et des ormes, ROTR. , Herc. mour. V, 1
Citation : Jusqu'ici de l'amour dédaignant la puissance, Je n'ai connu d'ardeur que celle des combats, ROTR. , Bélis. I, 6
Citation : Le cardinal Charles de Lorraine, archevêque de Reims.... grand génie, grand homme d'État, d'une vive et agréable éloquence, savant même pour un homme de sa qualité et de ses emplois, BOSSUET , Var. IX, § 91
Citation : Il paraît que Quintilien est né la seconde année de l'empereur Claude, qui est la quarante-deuxième de Jésus-Christ, ROLLIN , Hist. anc. Oeuvres, t. XI, 2e part. p. 706, dans POUGENS.
Citation : Ô muses, accourez, solitaires divines, Amantes des ruisseaux, A. CHÉN. , Élég. XIV
Il exprime le sentiment qu'on a pour quelqu'un ou quelque chose.
Citation : Antoine sur sa tête attira notre haine En se déshonorant par l'amour d'une reine, CORN. , Cinna, III, 4
Citation : L'horreur que tu fais voir d'un mari vertueux...., CORN. , Hor. V, 3
Citation : Quelle reconnaissance, ingrate, tu me rends Des bienfaits...., CORN. , Héracl. IV, 5
Citation : Grâce à ce conquérant, à ce preneur de ville ! Grâce.... - De quoi, madame ? est-ce d'avoir conquis Trois sceptres...., CORN. , Nicom. IV, 2
Citation : Le respect des autels, la présence des dieux, CORN. , Théodore, II, 4
Citation : C'est elle [la foi] qui a produit dans les patriarches l'amour de Dieu, la confiance en ses bontés, le zèle de sa religion, l'espérance de ses promesses, FLÉCH. , Panég. II, 473
Citation : Sans respect des aïeux dont elle est descendue, BOILEAU , Sat. v.
Citation : Du zèle de ma loi que sert de se parer ?, RAC. , Athal. I, 1
Citation : Est-ce que de Baal le zèle vous transporte ?, RAC. , ib. III, 3
Citation : À l'amour de Pharnace on impute mes pleurs, RAC. , Mithr. II, 6
Il exprime un rapport d'origine, de dérivation. Le vent du nord. Les peuples du midi. Les productions des colonies.
Il marque l'objet, le but, la fin, la nature, la qualité ; dans ce sens il forme avec le terme qui le suit une expression adjective. Acte de vente. Un homme de génie. Un homme de rien.
Citation : Il est certain que les oeuvres de miséricorde ne sont pas seulement de conseil, mais de précepte dans le christianisme, BOURD. , Exhort. char. env. les nouv. cath. t. I, p. 134
Citation : Des conseillers d'iniquité, des ministres de la volupté, MASS. , Car. Dang. des prosp. temp.
Citation : Pour aller consulter l'homme de Dieu, MASS. , ib. Inconstance.
Citation : Tout pécheur est donc un enfant de mort et de colère, MASS. , ib. Empl. du temps.
Citation : Hélas ! ils sont des enfants de lumière pour les affaires du siècle, MASS. , ib. Pet. nombre des élus.
Citation : Dieu à qui il n'est pas plus difficile de faire naître l'enfant de la promesse d'une vieillesse stérile que d'un âge plus fécond, MASS. , ib. Fausse confiance.
Citation : Le crime, cet enfant de ténèbres, ne craint pas la lumière, MASS. , ib. Resp. hum.
Citation : Lorsque nous vous exhortons à fuir les spectacles lubriques, les assemblées de péché, MASS. , ib. Fausse conf.
Citation : La malignité de l'ennemi, dit saint Augustin, dresse depuis longtemps deux piéges dangereux à la faiblesse des hommes : un piége de séduction et un piége de terreur, MASS. , ib. Resp. hum.
Citation : Des entretiens dangereux et des commerces de passion remplissent le reste de ses journées, MASS. , ib. Mauv. riche.
Citation : Ce n'est pas ici une chaire de contention, c'est le lieu de la vérité, MASS. , ib. Par. de Dieu.
Citation : Plus Jésus-Christ diminue dans votre coeur, plus l'homme de péché augmente et se fortifie, MASS. , ib. Commun.
Citation : Cette eau de jalousie dont il est parlé dans le Lévitique, MASS. , ib. Commun. 2
Citation : Dans ces maisons de retraite, de prière, d'austérité, où il semble que le Seigneur devrait trouver cette foi qui n'est plus dans le reste de la terre, MASS. , ib. Vocation.
Citation : Cet homme de péché que nous portons dans notre fonds, MASS. , Panég. St Bernard.
Citation : Ne faisons pas de la profession sainte de la piété une vie d'humeur et de caprice, MASS. , Car. Injust. du monde.
Citation : Cette voix de vertu qui se fait entendre dans l'abîme où l'âme est ensevelie, MASS. , ib. Lazare.
Citation : Après bien des années de vertu, MASS. , ib.
Citation : Qu'il est difficile de regarder comme un exil une terre de délices !, MASS. , ib. Dang. des prosp. temp.
Citation : Vous placez dans le sanctuaire des vases de rebut et d'ignominie, MASS. , ib.
Citation : On ne passe pas en un instant d'un état de justice à un état de péché, MASS. , ib. Inconst.
Citation : L'éducation chrétienne est une éducation de retraite, de pudeur, de modestie, de haine du monde, MASS. , ib. Petit nombre des élus.
Citation : Une vie entière de prière et de vigilance, MASS. , ib. Tiédeur.
Il exprime l'instrument. Un coup de fusil. Un signe de tête. Un serrement de main.
Il exprime la destination. Une salle de spectacle. Un habit de ville. Couverture de mulet. Couvertures de chevaux. Des souliers de chasse.
La profession. Un homme de guerre. Une femme de ménage. Un garçon de magasin. Un marchand de vin. Un marchand de vins fins. Un marchand de paille, de foin. Un marchand de plumes à écrire. Un marchand de plumes pour faire des lits.
La matière. Une table de marbre. Une tabatière d'or. Pâte d'amandes. Du sucre de pomme. Une marmelade de pommes. Sirop de groseille. De la fécule de pomme de terre. Un ragoût de pommes de terre.
Le contenu. Une pièce de vin. Une tasse de lait. Un baril d'olives. Une assiette de poires. Une pension de femmes.
La durée Une guerre de vingt ans. Un travail de dix années.
Il exprime la date. Un lièvre de trois jours [un lièvre tué depuis trois jours].
Citation : Les démons chassés, les aveugles nés guéris, les morts de quatre jours ressuscités, BOURD. , Myst. Résurr. de J.-C. t. I, p. 320
La dimension. Un voile de deux aunes. Un homme de six pieds.
La valeur. Une pièce de cent sous. Une maison de cent mille francs.
La quantité. Une armée de cent mille hommes. Une population de quinze cents âmes.
Sens 2
De sert à unir le nom commun d'une chose avec le mot particulier qui la distingue de toutes les autres choses semblables. La ville de Paris. Le mois de mai. Le mot de langue.
Citation : Ils ont exclu l'unité de la signification du mot de nombre, PASC. , Pens. I, 2
Citation : On entend ce que l'on conçoit par le terme de temps ; c'est ce mouvement supposé, PASC. , ib. I, 2
Citation : Il ne s'ensuivra pas de là que la chose qu'on entend naturellement par le mot de temps soit en effet le mouvement d'une chose créée, PASC. , ib.
Citation : Par suite de cette définition il y aura deux choses qu'on appellera du nom de temps, PASC. , ib.
Citation : Cet usage du mot de sceptre se trouve à toutes les pages de l'Écriture, BOSSUET , Hist. II, 2
Citation : Tous les termes de la prophétie sont clairs ; il n'y a que le mot de sceptre que l'usage de notre langue nous pourrait faire prendre pour la seule royauté, BOSSUET , ib.
On disait de même dans le XVIIe siècle : l'année de 1691, et ainsi de suite. Aujourd'hui on supprime de préférence le de : l'année 1862.
Sens 3
Construction de de entre un substantif ou un adjectif pris substantivement et un autre substantif, laquelle est analogue à celle de : la ville de Paris, et dans laquelle le nom construit avec de ne fait que déterminer le nom précédent comme Paris détermine ville : un fripon d'enfant, c'est un fripon qui est un enfant ; mon bourreau de maître, c'est mon bourreau qui est mon maître, et ainsi de suite.
Citation : Réglez-vous, regardez l'honnête homme de père Que vous avez du ciel ! comme on le considère !, MOL. , l'Étour. I, 9
Citation : Ô traître ! ô bourreau d'homme, MOL. , ib. II, 9
Citation : Eh bien, ne voilà pas mon enragé de maître, MOL. , ib. V, 7
Citation : Et ce jaloux maudit, ce traître de Sicilien, me fermera toujours tout accès auprès d'elle, MOL. , Sicil. 5
Citation : Vous devez rendre grâces au ciel de l'honnête homme de père qu'il vous a donné, MOL. , Avare, I, 10
Citation : Votre coquine de Toinette est devenue plus insolente que jamais, MOL. , Mal. imag. I, 6
Citation : Un saint homme de chat bien fourré, gros et gras, LA FONT. , Fabl. VII, 16
Citation : Mais un fripon d'enfant (cet âge est sans pitié) Prit sa fronde, et du coup tua plus d'à moitié La volatile malheureuse, LA FONT. , ib. IX, 2
Citation : Il tardait à la dame D'y rencontrer son perfide d'époux, LA FONT. , Richard.
Citation : Sa chienne de face, MOL. , École des F. IV, 2
Citation : Si mon traître d'époux par bonheur était mort, REGNARD , Démocr. amour. II, 8
Citation : Quel chien de train ! quelle chienne de vie !, J. B. ROUSS. , IV, Épig. 5
Citation : Un diable de neveu Me fait par ses écarts mourir a petit feu, PIRON , Métromanie, II, 1
Citation : J'ai une drôle d'idée dans la tête, VOLT. , Corresp. génér. 26 janv. 1740
Citation : Mes bourreaux de symphonistes raclaient à percer le tympan d'un quinze-vingts, J. J. ROUSS. , Conf. IV
Citation : Tiens ! va dire à ton sot de précepteur qu'il te donne d'autres thèmes, BRUEYS , Grondeur, I, 8
Citation : Depuis, dis-je, qu'il a perdu, par une querelle de jeu, son libertin de fils aîné, tu sais comment tout a changé pour nous, BEAUMARCH. , Mère coup. I, 2
Sens 4
De, placé entre les titres et les noms propres de famille, s'emploie comme signe de noblesse. Madame de Sévigné. Le duc de la Rochefoucauld. De, qualification nobiliaire pris substantivement. Il a ajouté un de à son nom. Il a pris le de.
Citation : Le de s'usurpait aussi par qui voulait depuis longtemps, SAINT-SIMON , 106, 127
Citation : Il n'est vilain qui faute de mieux ne mette au moins un de à son nom, P. L. COUR. , I, 118
Citation : C'est sa nouvelle fantaisie de mettre un de avec son nom, depuis qu'il est éligible et maire de la commune, P. L. COUR. , 2e lettre particulière
Citation : Eh quoi ! j'apprends que l'on critique Le de qui précède mon nom, BÉRANG. , Vilain.
Sens 5
De placé entre un mot et ce même mot répété exprime l'excellence ; usage qui, provenant de la langue hébraïque, ne s'étend guère au delà des locutions bibliques ou de locutions formées sur ce modèle. Le saint des saints, le lieu le plus saint dans le temple de Jérusalem. Le cantique des cantiques, titre d'un cantique qui est dans la Bible. L'être des êtres, Dieu.
Citation : Vanité des vanités, et tout est vanité ; c'est la seule parole qui me reste ; c'est la seule réflexion que me permet, dans un accident si étrange, une si juste et si sensible douleur, BOSSUET , Duch. d'Orl.
Citation : Humble, et du saint des saints respectant les mystères, J'héritai l'innocence et le Dieu de mes pères, LAMART. , Médit. I, 20
Sens 6
De entre un substantif et un verbe à l'infinitif, ce qui est une espèce de substantif. L'art de bien dire. La faculté de prévoir. Aura-t-il la force d'achever un tel travail ?
Entre un substantif et quelques mots considérés habituellement comme des adverbes. La journée de demain.
Entre un substantif et une préposition. Le pays d'au delà la Loire.
Citation : Notre esprit la reçoit [la foi] à son premier réveil, Comme les dons d'en haut, la vie et le soleil, LAMART. , Médit. I, 18
Sens 6
De pris partitivement ; ce qui d'ailleurs, au fond, n'est encore que le cas de de entre un substantif et un autre substantif, puisque, dans la construction partitive, un substantif est sous-entendu. Des hommes m'ont dit, c'est-à-dire un certain nombre d'hommes. De bons livres, c'est-à-dire un certain nombre de bons livres.
Citation : Nous ne pouvions jeter les yeux sur les deux rivages sans apercevoir des villes opulentes, des maisons de campagne agréablement situées, des terres qui se couvraient tous les ans d'une moisson dorée, des prairies pleines de troupeaux, FÉN. , Tél. II
Citation : La corruption qui tous les jours peut produire de nouveaux fruits de mort, MASS. , Car. Fausse confiance
Citation : Là, Vénus, me dictant de faciles chansons, M'a nommé son poëte entre ses nourrissons, A. CHÉN. , Éleg. VIII
De pris partitivement devant un nom singulier : je n'ai point d'argent ; il n'a pas eu de contentement ; je n'ai jamais vu de ville plus jolie ; en ce cas le substantif est un nom qui admet la division, ou qui, ne l'admettant pas de sa nature, est considéré comme une sorte de nom collectif divisible : je n'ai point portion d'argent : il n'a pas eu portion de contentement ; je n'ai jamais vu (ville) plus jolie (dans le genre) de ville.
Citation : Et quoi ? dit le père, que pourrait-il y avoir de manque après que tant d'habiles gens y ont passé ?, PASC. , Prov. 6
Citation : David ne donna jamais de plus beau combat, BOSSUET , Marie-Thér.
Citation : Vous ne faites rien de cela dans la vie que vous menez, BOURD. , Instr. prudence du salut, exhort. t. II, p. 405
De se prend partitivement aussi devant un nom de nombre.
Citation : Nous voyons que les premiers hommes, lorsque le monde plus innocent était encore dans son enfance, remplissaient des neuf cents ans par leur vie, BOSSUET , Yol. de Monterby.
Citation : Voit-on fleurir chez eux des quatre facultés ?, BOILEAU , Sat. VIII
Citation : Je n'aime point ces rois qui ont des trois cents femmes, VOLT. , Dial. XV, 5
Citation : Je suis un paresseux, mon cher philosophe ; je crois que c'est une mauvaise qualité attachée au peu de santé que j'ai ; je passe des six mois sans écrire à mes amis, VOLT. , Lett. Pitot, 19 juin 1741
De pris partitivement dans une phrase négative avec que, construction dont le sens est pas autre.
Citation : Nous n'avons point de roi que César, BOSSUET , Hist. II, 10
De pris partitivement devant certain. Nous bûmes de certain vin. De certains hommes vinrent à nous.
Citation : Ceux [les principes] de la volonté sont de certains désirs naturels et communs à tous les hommes, comme le désir d'être heureux, PASC. , Pensées, I, 3
Citation : Et cela pourrait expliquer de certaines bizarreries, VAUVENARGUES. , Vivac.
Aujourd'hui on supprime souvent le de devant certain.
De employé partitivement devant aucuns, aucunes dans le XVIIe siècle et signifiant quelques-uns, de certaines personnes.
Citation : Il y en a d'aucunes qui prennent des maris seulement pour se tirer de la contrainte de leurs parents, MOL. , Mal. imag. II, 7
Cette tournure n'est plus usitée.
De, dans une construction où au fond il est explétif, devant des adjectifs ou des participes pris partitivement d'après l'analyse grammaticale. Il y eut cent hommes de tués. Est-il quelqu'un d'assez osé ? Je n'y vois rien d'étonnant. Sa conduite n'a rien de généreux. Payez ; sinon, rien de fait [rien qui soit fait, arrêté, conclu]. Ces phrases se résolvent en : de tués, il y eut cent hommes ; d'assez osé, d'homme assez osé, est-il quelqu'un ? etc. toutes constructions qui grammaticalement sont partitives.
Citation : Sans doute ils n'ont aucun dessein d'arrêté, PASC. , Prov. 5
Citation : Est-il rien de plus noir que ta lâche action ?, MOL. , Sganar. 16
Citation : Mais ce qui me paraît encore de plus honorable à la vertu, c'est que...., MASS. , Car. Resp. hum.
Citation : Il est vrai qu'il n'y en avait eu que trois mille cinq cents de vendus en quatre ou cinq jours, D'ALEMB. , Lett. à Volt. 22 sept. 1767
Des grammairiens modernes ont prétendu qu'il n'était pas correct de dire : il y a eu cent hommes de tués, et que le de devait être supprimé. La question avait été agitée déjà du temps de Vaugelas qui déclare que le de est appuyé par de bons auteurs. Aujourd'hui l'usage l'a consacré, usage qui d'ailleurs n'a rien d'inexplicable grammaticalement.
Citation : Il n'y a rien qui paraisse de plus insensé à ceux qui ne sont pas éclairés d'en haut, BOSSUET , Hist. II, 11
On remarquera cette tournure : Bossuet ayant à construire rien de plus insensé avec paraître, a mis le verbe au milieu ; construction qui peut sembler insolite, mais qui est bonne et à imiter.
Il n'y a rien de tel que l'adversité pour mûrir un homme. On dit aussi sans le de : il n'y a rien tel que....
De se construit de même partitivement et explétivement, avec les mots mieux, pis, plus, moins. Vous n'aurez rien de plus.
Citation : Quoi de pis que de se déshonorer ? Étranger que j'étais, je n'avais rien de mieux à faire que d'étudier cette foule de gens qui y abordaient sans cesse, MONTESQ. , Lett. pers. 48
Sens 8
De pris absolument devant un substantif, exprime la manière, la disposition, l'état, la situation. De gaieté de coeur. De colère il rompit l'entretien. De peur d'un plus grand mal il céda. De côté et d'autre. Du côté des ennemis.
Citation : Je les suivis de rage et m'y rangeai comme eux, CORN. , Sertor. I, 3
Citation : De bonheur pour ce loup qui ne pouvait crier, Près de là passe une cigogne, LA FONT. , Fabl. III, 9
Citation : De bonheur pour elle ces gens partirent tout aussitôt, LA FONT. , Psyché, II, p. 118
Citation : Que ne l'émondait-on sans prendre la cognée ? De son tempérament il eût encor vécu, LA FONT. , Fabl. X, 2
Citation : Mille gens le sont bien, sans vous faire bravade, Qui de mine, de coeur, de biens et de maison Ne feraient avec vous nulle comparaison, MOL. , Éc. des f. IV, 8
Citation : Elles étaient, de leur fond et par leurs penchants, douces, patientes, équitables, droites, régulières, BOURDAL. , 2e dim. après l'Épiph. Dominic. t. I, p. 104
Citation : Soit d'imprudence, soit de générosité, la suivante crie du milieu des flots : Sauvez-moi, je suis la mère de l'empereur, DIDER. , Ess. s. Claude.
Citation : De lassitude, Messaline se jette dans un de ces tombereaux qui transportent les immondices des jardins, DIDER. , ib.
Citation : Lorsque Vénus, du haut des célestes lambris, Sans armes, sans carquois vint m'amener son fils, A. CHÉN. , Élég. II
En cet emploi, de signifie parfois : en fait de. N'avoir du pouvoir que l'apparence.
Citation : Vivre avec des hommes qui n'ont presque de l'homme que la figure, BOURD. , Exhort. char. env. un sémin. t. I, p. 157
D'honneur, d'homme d'honneur, sorte d'affirmation interjective signifiant sur mon honneur, sur la parole d'un homme d'honneur.
Citation : Bon ! voilà l'autre encor, digne maître D'un semblable valet ! ô les menteurs hardis ! - D'homme d'honneur, il est ainsi que je le dis, MOL. , Dép. am. III, 8
De exprimant qu'il est question, qu'il est traité d'une matière. De la chasse. De la tragédie grecque. Des peintres italiens du XVIe siècle. Il y a de sous-entendu : livre, chapitre qui traite de la chasse, etc.
Pendant. De nuit. De jour, la chouette se cache dans les trous, et de nuit elle va chercher sa pâture.
Citation : Ils ne me mettront d'aujourd'hui en colère, SÉV. , 420
Citation : Sans que de tout le jour je puisse voir Titus, RAC. , Bérén. IV, 5
Citation : Ce chasseur perce donc un gros de courtisans, Plein de zèle, échauffé, s'il le fut de sa vie, LA FONT. , Fabl. XII, 12
Citation : Il [Josèphe] avoue qu'il ne put jamais la bien prononcer [la langue grecque], parce qu'il ne l'avait pas apprise de jeunesse, les Juifs estimant peu l'étude des langues, ROLLIN , Hist. anc. liv. XXV, ch. 2, art. 1er, § 2
Citation : Et je suis plus heureux dans ma captivité Que je ne le fus de ma vie Dans le triste bonheur dont j'étais enchanté, J. B. ROUSS. , Cantate, Triomphe de l'amour.
Citation : Heureux si, de son temps, pour cent bonnes raisons, La Macédoine eût eu des Petites-Maisons, BOILEAU , Sat. VIII
Citation : Ne t'ai-je pas trouvé de nuit tuant un mouton ?, BRUYEIS , Avoc. Pat. I, 8
À partir de.
Citation : Du moment qu'il l'a vue, Les troubles ont cessé, sa joie est revenue, CORN. , Soph. II, 1
Citation : Je n'avais ni dormi, ni mangé de vingt-quatre heures, SÉV. , 219
Citation : Je suis ici de jeudi, SÉV. , 287
Citation : Ce n'est pas d'aujourd'hui qu'ils méditent ce dessein, PASC. , Prov. 19
Citation : De ce jour tu verras Thyeste dans mes chaînes, CRÉB. , Atrée, I, 3
De, construit de cette façon, indique le changement d'état, de condition : de commis il devint directeur.
Citation : Ordre lui vient d'aller au fond de la Norvége, Prendre le soin d'une maison En tout temps couverte de neige ; Et d'Indou qu'il était on vous le fait Lapon, LA FONT. , Fabl. VII, 6
Citation : Ils forgeront de leurs épées des socs de charrue et de leurs lances des faux, SACI , Bible, Isaïe, II, 4
Citation : Et que le sort burlesque, en ce siècle de fer, D'un pédant, quand il veut, sait faire un duc et pair, BOILEAU , Sat. I
Cette construction s'emploie aussi avec les adjectifs. De pauvre il devint riche.
Citation : De chrétien qu'on était, on devient peu à peu tout mondain et presque païen, BOURD. , Sur la fausse consc. 1er avent, p. 160
De.... en.... exprime que l'on va d'un lieu, d'un objet en un autre.
Citation : Errer, un livre en main, de bocage en bocage, A. CHÉN. , Élég. XIV
De.... à.... exprime, au physique ou figurément, l'intervalle, le passage d'une chose à un autre. De l'Elbe à la mer Baltique ou jusqu'à la mer Baltique.
Citation : De la créature nous devons nous élever au créateur, BOURD. , Respect hum. 2e avent, p. 414
Citation : Du crime au repentir un long chemin nous mène, Du repentir au crime un moment nous entraîne, COLARD. , Ép. d'Héloïse à Ab.
Ils étaient de trente à quarante, leur nombre était entre trente et quarante. Je serai chez moi de cinq heures à SIX, entre cinq heures et six heures.
De.... à.... D'homme à homme, c'est-à-dire entre deux hommes, quand il s'agit de deux hommes. D'homme à homme, cela peut se dire et se faire.
De vous à moi, c'est-à-dire entre vous et moi, et de manière que ce qui se passe entre vous et moi ne soit pas répété. Ceci est de vous à moi ; vous n'en parlerez pas.
De.... en.... De point en point, c'est-à-dire d'un point jusqu'à l'autre, tout à fait, complétement. Il a executé ses ordres de point en point. De bout en bout, c'est-à-dire d'un bout jusqu'à l'autre. De jour en jour, c'est-à-dire un jour après l'autre, chaque jour, incessamment. Le danger devient plus grand de jour en jour.
B. 9° De entre un adjectif et un substantif ou un pronom personnel. Digne d'estime. Avide de gloire. Altéré de sang. Je suis mécontent de moi. Faible d'esprit et de corps.
Citation : Allons, unis d'esprit, sans commerce du corps, Achever notre hymen dans l'empire des morts, ROTR. , Antig. V, 9
Citation : Elles sont vides de sentiments, qui n'ont régné que depuis leur temps, LA BRUY. , 1
Citation : Combien était ennemie la pieuse reine de ces regards dédaigneux !, BOSSUET , Marie-Thér.
Citation : Leur patience m'étonne, et d'autant plus qu'elle ne peut m'être suspecte ni de timidité ni d'impuissance, PASC. , Prov. 18
Citation : Je laisse mon esprit, libre d'inquiétude, D'un facile bonheur faisant sa seule étude, LA MART. , Médit. I, 20
De se construit avec le superlatif Le meilleur des hommes.
Citation : Un poëte à la cour fut jadis à la mode ; Mais des fous aujourd'hui c'est le plus incommode, BOILEAU , Sat. I
Citation : Elle tomba premièrement sur une pointe de rocher, et puis sur une autre, de roc en roc ; chacun d'eux emporta sa pièce ; de manière qu'elle arriva le plus joliment du monde au royaume de Proserpine, LA FONT. , Psyché, II, p. 152
De entre un adjectif et un verbe. Désireux de voir.
Citation : Las de perdre en rimant et sa peine et son bien, BOILEAU , Sat. I
Citation : Il était aisé à la reine de faire sentir une grandeur qui lui était naturelle, BOSSUET , Marie-Thér.
De entre un adjectif et un infinitif, avec le sens de à cause que, vu que.
Citation : Oh ! trop heureux d'avoir une si belle femme ! Malheureux bien plutôt de l'avoir, cette infâme !, MOL. , Sganar. 16
Citation : Mon révérend père, lui dis-je, que le monde est heureux de vous avoir pour maîtres !, PASC. , Prov. 6
Citation : Ils ne sont pas adroits d'avoir ainsi averti tout le monde de leur intention, PASC. , ib. 19
Citation : Ils sont admirables de vouloir prendre le parlement pour dupe, PASC. , ib.
Citation : Mais ne suis-je pas bien fou de vouloir raisonner... ?, MOL. , Sgan. 1
Citation : Sottes de ne pas voir que le plus grand des soins...., LA FONT. , Fabl. III, 6
De ou que de entre un adjectif construit avec si et un verbe, et signifiant assez.... pour....
Citation : Un agneau se désaltérait Dans le courant.... Qui te rend si hardi de troubler mon breuvage ?, LA FONT. , Fabl. I, 10
Citation : Je n'aurais pas été si hardi que d'entreprendre...., VOIT. , Lett. 69
C. 10° De construit avec un pronom personnel. On n'agit pas toujours de soi-même. Il est venu de lui-même s'excuser.
Citation : Choisissez de vous-même et je ferme les yeux, CORN. , Othon, III, 3
Citation : Je ne fais rien de moi-même, SACI , Bible, Évang. St. Jean, VIII, 28
Citation : Il a fait de lui-même ce que vous auriez tôt ou tard exigé, DIDER. , Père de fam. I, 5
De soi, par sa propre vertu, naturellement. De soi, rien n'est permanent sur la terre. Cela va de soi. Cela s'entend de soi.
Citation : Rien, suivant la raison, n'est juste de soi, PASC. , Pensées, I, 6
Citation : Tout cela n'a rien, de soi-même, qui soit contraire à la véritable sagesse, BOURDAL. , Instr. Prudence du salut, Exhort. t. II, p. 407
De moi, c'est-à-dire quant à moi, pour ce qui me concerne ; ancienne locution qui représente : quant à ce qui est de moi ; elle est tombée en désuétude, et on dit : pour moi.
Citation : De moi, toutes les fois que j'arrête les yeux à voir...., MALH. , I, 1
Citation : De moi, plus je suis combattu, Plus ma résistance Montre sa vertu, MALH. , Chanson, V, 27
Citation : De moi, je fus touché de voir tant de valeur, TRISTAN , Mort de Chrispe, I, 3
De devant un pronom démonstratif. De celui-ci allons à celui-là.
De cela même, à cause de cela même.
Citation : Ces tableaux admirables dont parle Pline et qui, selon ce savant connaisseur, n'en étaient que plus admirés, de cela même qu'ils étaient demeurés imparfaits, MAIRAN , Éloges, le card. de Polignac.
D. 11° De entre un pronom conjonctif et un autre mot.
Citation : Qui des deux l'emportera ? Lequel de vous ou de votre ami est venu jusqu'ici ? Or il est temps, ma soeur, de montrer qui nous sommes, Et qui peut plus sur nous, ou des dieux ou des hommes, ROTR. , Antig. III, 5
Citation : Qu'ils jugent en partant qui méritait le mieux, Des Français ou de moi, l'empire de ces lieux, VOLT. , Zaïre, I, 4
Des grammairiens ont blâmé cette tournure, assurant qu'il fallait dire non : lequel des deux était le plus éloquent, de César ou de Cicéron ; mais lequel des deux, César ou Cicéron, était le plus éloquent, ou bien : lequel, de Cicéron et César, était le plus éloquent ? De ces deux tournures la première est correcte et peut s'employer ; la seconde est peu usitée. Dans tous les cas, l'ancienne tournure, qui est dans Rotrou, est justifiée par l'usage et implique seulement un pléonasme dans le de placé devant chaque nom.
De construit dans le même sens avec le pronom démonstratif celui, celle, ceux, celles.
Citation : Quoi ! de deux personnes qui font les mêmes choses, celui qui ne sait pas leur doctrine pèche ; celui qui la sait ne pèche pas !, PASC. , Prov. 6
E. 12° De entre un nom de nombre et un autre mot. L'un des deux. Deux des quatre.
Citation : Daniel, un des enfants de la captivité, MASS. , Car. Resp. hum.
De avec ellipse de un. Il vint des derniers, c'est-à-dire un des derniers.
Citation : .... Et quoique des plus fins, Il n'avait pu donner d'atteinte à la volaille, LA FONT. , Fabl. XI, 3
Citation : Ma femme m'a dit que vous étiez fort honnête homme et tout à fait de ses amis, et je l'ai chargée de vous parler pour un testament que je veux faire, MOL. , Mal. imag. I, 9
Citation : Peut-être êtes-vous de ces hommes qui n'aiment qu'eux-mêmes et qui n'ont égard qu'à leur intérêt propre, BOURD. , Commémor. des morts, Myst. t. II, p. 520
Citation : J'ai vu le fer en main Étéocle lui-même ; Il marche des premiers, RAC. , Théb. I, 1
Et de, pris absolument devant un nom de nombre, exprime que, comptant quelque chose, on signale particulièrement le nombre indiqué.
Citation : Et de trois [bourses] ; celle-ci fut rude à arracher, BEAUMARCHAIS , Mar. de Fig. V, 19
F. 13° De entre un verbe et un nom, construction où il exprime les compléments des différents verbes de la phrase. Que pensez-vous de cela ? Traiter de la paix. Différer d'avis. Médire de quelqu'un. Il se mêle d'affaires qui ne le regardent pas. On l'accusa de ce malheur. Vous le taxiez de folie. Vivre de légumes. Son esprit manque de justesse. Tirer avantage de ses talents. Le vrai ne dépend point du temps ni de la mode. Issu d'une bonne famille.
Citation : Et du sacré bandeau qu'il vous mit sur la tête [il] Acheta de vos voeux la superbe conquête, ROTR. , Bél. IV, 2
Citation : Tu [amour] m'obligeras plus d'un trait de ta pitié Qu'elle [la fortune] de son crédit ou de son amitié, ROTR. , ib. II, 7
Citation : Si nous sommes obligés à user de cette sage réserve...., BOSSUET , Libre arb. 4
Citation : C'est une dame Qui de quelque espérance avait flatté ma flamme, MOL. , Mis. I, 2
Citation : [Agnès] N'a plus voulu songer à retourner chez soi, Et de tout son destin s'est commise à ma foi, MOL. , Éc. des f. IV, 8
Citation : Elle [la perdrix] fait la blessée et va traînant de l'aile, LA FONT. , Fabl. X, 1
Citation : Contemplant d'un lieu tranquille leur embarras, leurs afflictions, leurs malheurs, ni plus ni moins que les dieux considèrent de l'Olympe les misérables mortels, LA FONT. , Psyché, I, p. 101
Citation : Je devais par la royauté Avoir commencé mon ouvrage : à la voir d'un certain côté, Messer Gaster [l'estomac] en est l'image, LA FONT. , Fabl. III, 2
Citation : Il me faudrait des journées entières pour me bien expliquer à vous de tout ce que je sens, MOL. , G. D. III, 5
Citation : Choisissez de César, d'Achille ou d'Alexandre, BOILEAU , Sat. v.
Citation : Prosternée aux pieds de Jésus-Christ, elle les arrosa de ses larmes, elle les essuya de ses cheveux, BOURDAL. , Respect hum. 2e avent. p. 403
Citation : Il a fort vu M. d'Uzès, qui ne peut se taire de vos perfections, SÉV. , 28 oct. 1671
Citation : Volage muse, aimable enchanteresse, Qui, m'égarant dans de douces erreurs, Viens tour à tour parsemer ma jeunesse De jeux, d'ennuis, d'épines et de fleurs, GRESSET , Épître à ma Muse.
Citation : Il ne vous eût pas été permis de vivre d'humeur, de tempérament, et de ne prendre que ce qui vous plaît pour la règle de ce que vous devez faire, MASS. , Or. fun. Prof. rel. 3
Citation : De cette autre entreprise honorez mon audace, RAC. , Mithr. III, 1
Citation : Sans me faire payer son salut de mon coeur, RAC. , Andr. I, 4
Citation : Le seul Agamemnon, refusant tant de gloire, N'ose d'un peu de sang acheter la victoire, RAC. , Iphig. I, 3
Citation : Laissez à Ménélas racheter d'un tel prix Sa coupable moitié dont il est trop épris, RAC. , ib. IV, 4
Citation : Mais d'un soin si cruel la fortune me joue, RAC. , Bérén. V, 2
Citation : .... D'un regard a daigné m'avertir, RAC. , ib. I, 3
Citation : .... D'un ordre constant gouvernant ses provinces, RAC. , Théb. I, 5
Citation : Venez, de l'huile sainte il faut vous consacrer, RAC. , Ath. IV, 3
Citation : Tous les jours je l'invoque, et d'un soin paternel Il me nourrit des dons offerts sur son autel, RAC. , ib. II, 7
Citation : De quelle noble ardeur pensez-vous qu'ils se rangent Sous les drapeaux d'un roi longtemps victorieux ?, RAC. , Mithr. III, 1
Citation : Les prudents du siècle eurent beau lui représenter.... qu'il fallait éblouir les âmes grossières de quelque apparence de gloire, FLÉCH. , Panég. II, p. 357
Citation : Son fils Ferdinand III qui hérita de sa politique et fit comme lui la guerre de son cabinet, VOLT. , Louis XIV, 2
Citation : Toi qui prétendais me défendre, tu ne m'as servi de rien, VOLT. , Le blanc et le noir.
Citation : Il [Héraclite] avait écrit de la matière, de l'univers, de la république et de la théologie, DIDER. , Opin. des anc. phil. Héraclitisme.
Citation : Les anachorètes écrivirent de la douceur du rocher et des délices de la contemplation, CHATEAUB. , Génie, II, V, 3
Citation : La muse t'enivra de précoces faveurs, LAMART. , Médit. I, 14
Citation : Silencieux abîme où je vais redescendre, Pourquoi laissas-tu l'homme échapper de ta main ! De quel sommeil profond je dormais dans ton sein ?, LAMART. , ib. I, 18
Sens 8
De entre un verbe et un substantif et composant avec ce substantif une sorte de locution adverbiale qui modifie le sens du verbe à la façon des adverbes. Il me parla d'un ton menaçant. Il alla de son propre mouvement le trouver.
Citation : Non, je n'en ferai rien, la chose est résolue, Ou l'on m'y contraindra de puissance absolue, MAIR. , Sophon. IV, 6
Citation : Si vous ne consolez d'un traitement plus doux Celui qui désormais ne peut vivre sans vous, MAIR. , ib. III, 4
Citation : Anéantissez-vous de honte et de respect, CORN. , Prol. de la Toison, 4
Citation : Et même à ses Romains ne daigne repartir Que d'un regard farouche et d'un profond soupir, CORN. , Pomp. III, 1
Citation : S'il ne vous traite ici d'entière confidence, CORN. , Poly. I, 3
Citation : [Il] Les traitait malgré lui d'entière égalité, CORN. , Attila, II, 1
Citation : Et de quelque rigueur que le destin me traite, Je perds moins à mourir qu'à vivre leur sujette, CORN. , Rodog. V, 1
Citation : Et pour vous témoigner de quelle indifférence J'abandonne un plaisir que j'ai tant poursuivi, ROTROU , Vencesl. III, 4
Citation : Ô folle piété qui d'une même audace Fit la rébellion et reçoit la menace !, ROTROU , Antig. IV, 3
Citation : Nous volons sur ses pas d'une ardeur unanime, ROTROU , Bélis. V, 7
Citation : Car Lucile soutient que c'est une chanson, Et m'a parlé d'un air à m'ôter tout soupçon, MOL. , Dépit am. III, 8
Citation : Et traitant de mépris les sens et la matière, à l'esprit, comme nous, donnez-vous tout entière, MOL. , Femmes sav. I, 1
Citation : Où, de droit absolu, j'ai pouvoir d'ordonner, MOL. , Sgan. I
Citation : Et tâchons d'ébranler, de force ou d'industrie, Ce malheureux dessein qui nous a tous troublés, MOL. , Tart. IV, 2
Citation : Vous les voulez traiter d'un semblable langage ?, MOL. , ib. I, 6
Citation : Et traitent de même air l'honnête homme et le fat, MOL. , Mis. I, 1
Citation : Nous faisons maintenant de la médecine d'une façon toute nouvelle, MOL. , Méd. m. lui, II, 6
Citation : Vous agiriez de mauvais sens, PASC. , dans COUSIN
Citation : Ils l'aimaient seulement de bouche, et ils lui rendaient de la langue des soumissions trompeuses, SACI , Bible, psaume 77, V. 36
Citation : .... Ô jour heureux pour moi ! De quelle ardeur j'irai reconnaître mon roi !, RAC. , Athal. I, 1
Sens 9
De entre un verbe passif ou un participe passif ou une construction à sens passif et un substantif ou un pronom personnel et faisant fonction de complément passif.
Citation : Je suis vaincu du temps, je cède à ses outrages, MALH. , II, 12
Citation : Tantôt je me la vois d'un pirate ravie, MALH. , V, 21
Citation : Le soldat qui ne s'était jamais vu tromper des [par les] promesses du roi, VAUGEL. , Q. C. 499
Citation : L'agrément est institué de la nature pour représenter la jouissance, DESC. , Pass. 90
Citation : Il a voulu dire seulement avec saint Paul que toute puissance est établie de Dieu, PELLISS. , Mém. pour les gens de lettres, p. 75
Citation : J'ai connu un homme qui prouvait par bonnes raisons qu'il ne faut jamais dire, une telle personne est morte d'une fièvre et d'une fluxion de poitrine, mais elle est morte de quatre médecins et de deux apothicaires, MOL. , l'Amour méd. II, 1
Citation : Jésus-Christ est-il mort pour des impies dans le temps destiné de Dieu ?, SACI , Bible, St Paul, Ép. aux Rom. V, 6
Citation : Animé d'un regard, je puis tout entreprendre, RAC. , Andr. I, 4
Citation : Et de mille remords son esprit combattu, RAC. , ib. V, 2
Citation : Excité d'un désir curieux, RAC. , Brit. II, 2
Citation : Quoi ! toujours enchaîné de ma gloire passée...., RAC. , ib. IV, 3
Citation : Vaincu du pouvoir de vos charmes, RAC. , Alex. II, 1
Citation : Ô ciel ! si notre amour est condamné de toi, RAC. , Baj. I, 4
Citation : Jadis Priam vaincu fut respecté d'Achille, RAC. , Andr. III, 6
Citation : Aux larmes, au travail le peuple est condamné, Et d'un sceptre de fer veut être gouverné, RAC. , Ath. IV, 3
Citation : Ignace suscité de Dieu pour venir au secours de son Église affligée, FLÉCH. , Panég. II, p. 209
Citation : Appelé de Dieu au ministère de sa parole, FLÉCH. , ib. p. 198
Citation : Il se regarda donc comme un ouvrier envoyé du père de famille pour défricher cette terre inculte, FLÉCH. , ib. p. 299
Citation : Une âme rachetée du sang de Jésus-Christ, FLÉCH. , ib. p. 309
Citation : L'autorité des prophètes, des apôtres, des hommes inspirés de Dieu, MASS. , Car. Doutes s. la rel.
Citation : Moïse son cadet est établi du ciel chef des armées