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LEXIQUE DÉFINITIONSSélectionnez un mot
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> PRENDRE
Prononciation :
pren-dr' , je prends, tu prends, il prend, nous prenons, vous prenez, ils prennent : je prenais ; je pris ; nous prîmes, vous prîtes, ils prirent ; je prendrai ; je prendrais ; prends, qu'il prenne, prenons ; que je prenne, que nous prenions ; que je prisse, qu'il prît ; prenant, pris, v. a.
Sens
1 Saisir, mettre en sa main. Sens
2 Saisir une chose non avec la main, mais avec quelque instrument ou de toute autre manière. Sens
3 Il se dit des animaux qui saisissent avec leur gueule, leurs pattes, etc. Sens
4 Mettre sur soi, en parlant de vêtements. Sens
5 Emporter avec soi certaines choses par besoin ou par précaution. Sens
6 Emporter en cachette ou de force, ôter à quelqu'un ce qu'il a. Sens
7 Se saisir, s'emparer d'une personne. Sens
8 Se dit de levées d'hommes qui se font. Sens
9 Prendre, se dit de Dieu qui fait disparaître un être humain par la mort. Sens
10 Arrêter pour emprisonner. Sens
11 En guerre, s'emparer, se rendre maître de. Sens
12 Attraper à la chasse, à la pêche, dans un piége. Sens
13 Surprendre. Sens
14 Y prendre. Sens
15 Manger, boire, avaler, user de. Sens
16 Être atteint par communication, en parlant de maladies contagieuses. Sens
17 Il se dit de certaines conditions corporelles. Sens
18 Contracter, adopter, en parlant de certaines qualités ou manières. Sens
19 Prendre quelque chose, un nom, un titre, se le donner, se l'appliquer. Sens
20 Exiger un certain prix pour une chose. Sens
21 Accepter, recevoir. Sens
22 Être partie prenante. Sens
23 Au jeu, prendre des cartes. Sens
24 Recevoir en partage. Sens
25 Tirer de, emprunter. Sens
26 Prendre, en termes de peinture. Sens
27 Engager quelqu'un sous certaines conditions. Sens
28 Aller joindre quelqu'un en quelque endroit, pour de là se rendre ailleurs avec lui. Sens
29 Recueillir quelqu'un, lui donner l'hospitalité. Sens
30 Prendre quelqu'un, le séparer du reste de la compagnie et s'adresser à lui. Sens
31 Retrancher une partie d'un tout, ôter, tirer. Sens
32 Se charger de. Sens
33 S'établir dans. Entrer en jouissance d'une chose, à certaines conditions. Sens
34 Choisir, préférer, se décider pour. Sens
35 Trier, faire un choix. Sens
36 S'engager dans une route, dans une voie de communication. Sens
37 Il se dit de la façon dont on taille une étoffe, dont on découpe des viandes. Sens
38 Comprendre, entendre, interpréter, considérer d'une certaine manière. Sens
39 Prendre quelqu'un, le considérer, en faire l'objet d'une étude. Sens
40 Soutenir, adopter. Sens
41 Il se dit des sentiments que l'on éprouve. Sens
42 Obtenir, se procurer. Sens
43 Avec un nom de temps, remettre à une autre époque, à un autre moment. Sens
44 Prendre les choses de haut, de loin. Sens
45 Il se dit de quelques opérations scientifiques. Sens
46 Prendre sa revanche, sa bisque. Sens
47 Prendre, en termes de chasse. Sens
48 Prendre, en termes de marine. Sens
49 Prendre à. Sens
50 Prendre dans. Sens
51 Prendre quelqu'un en. Sens
52 Prendre pour. Sens
53 Avec un nom de chose pour sujet, entourer, envelopper. Fig. Faire impression.
Sens
54 Prendre se construit avec plusieurs substantifs sans article, et fait locution. Sens
55 V. n. S'enraciner. Sens
56 Réussir, avoir du succès. Sens
57 S'attacher à, avec un nom de personne pour sujet. Sens
58 Faire son effet, s'attacher à, avec un nom de chose pour sujet. Sens
59 Faire une impression trop forte. Sens
60 Il se dit de ce qui s'allume ou fait explosion. Sens
61 S'épaissir, se cailler, se glacer. Sens
62 Commencer en un point et s'étendre de là. Sens
63 Il se dit des maladies qui font invasion. Sens
64 Impersonnellement, avoir de bonnes ou mauvaises suites Sens
65 V. réfl. Se prendre, être saisi avec la main. Sens
66 S'attacher, s'accrocher. Sens
67 Être saisi dans un piége, dans un filet. Sens
68 Être captivé. Sens
69 S'unir ensemble. Sens
70 Se prendre à, attaquer. Sens
71 Se prendre à, employer de l'adresse, de l'habileté. Sens
72 Suivi de à et d'un infinitif, commencer, se mettre à. Sens
73 Être contracté, en parlant de maladies. Sens
74 S'allumer. Sens
75 Se figer. Sens
76 Se prendre pour, prendre sa propre personne pour quelque autre. Sens
77 Être compris, entendu, interprété. Sens
78 Être employé, en parlant de mots et de locutions. Sens
79 À tout prendre. Sens
80 Au fait et au prendre. Sens
1 Saisir, mettre en sa main. Citation : Prends ta foudre, Louis, et va....,
MALH. ,
II, 12 Citation : Il vit son éléphant couché sur l'autre rive ; Il le prend, il l'emporte, au haut du mont arrive,
LA FONT. ,
Fabl. x, 14 Citation : Célimène : Puis-je empêcher les gens de me trouver aimable ?... Dois-je prendre un bâton pour les mettre dehors ? - Alceste : Non, ce n'est pas, madame, un bâton qu'il faut prendre, Mais un coeur à leurs voeux moins facile et moins tendre,
MOL. ,
Mis. II, 1 Citation : Je sais que, quand j'aurai dans l'esprit de prendre une chose plutôt qu'une autre, la situation de cette chose me fera diriger de son côté le mouvement de ma main,
BOSSUET ,
Lib. arb. 2 Citation : Elle vit avec étonnement que Dieu.... alla prendre comme par la main le roi son fils pour le conduire à son trône,
BOSSUET ,
Reine d'Anglet. Citation : Il le prend par la main, le fait descendre avec lui,
LA BRUY. ,
XI Citation : On a inventé aux tables une grande cuiller pour la commodité du service : il la prend, la plonge dans le plat,
LA BRUY. ,
ib. Citation : Télémaque, qui était abattu et inconsolable, oublie sa douleur ; il prend ses armes, don précieux de la sage Minerve,
FÉN. ,
Tél. XVII Citation : Cent écus par jour sont bons à prendre, monsieur mon frère,
DANCOURT ,
Déroute du pharaon, II, 3 Citation : Il arriva qu'à l'oraison funèbre du maréchal de Guébriant, prononcée à Notre-Dame, les présidents des enquêtes prirent par le bras le vieux doyen Savare et l'arrachèrent de sa place,
VOLT. ,
Hist. parl. LIV Prendre les armes, s'armer, soit pour combattre, soit simplement pour rendre des honneurs.
Citation : Et, sans jeter d'alarmes, à tous mes Tyriens faites prendre les armes,
RAC. ,
Athal. II, 6 Prendre quelqu'un aux cheveux, le saisir par les cheveux.
Fig. Prendre l'occasion aux cheveux, saisir l'occasion, en profiter.
On ne sait par où le prendre pour ne pas le faire crier, se dit d'un malade dont le corps est si douloureux qu'on ne peut le remuer sans lui causer de vives souffrances.
Fig. On ne sait par où le prendre, se dit d'un homme très susceptible ou insensible à tout.
Au jeu de paume, prendre la balle de volée, à la volée, au bond, la jouer de volée, la jouer au bond.
Fig. Prendre la balle au bond, saisir vivement et à propos une occasion.
Fig. Prendre le tison par où il brûle, prendre une affaire par le côté le plus difficile. Fig. Prendre la mouche, prendre la chèvre, se fâcher tout à coup et pour un sujet qui n'en vaut pas la peine.
Citation : On vient civilement pour s'éclaircir d'un doute, Et monsieur prend la chèvre, il met tout en déroute....,
REGNARD ,
le Joueur, III, 13 Prendre la clef, mettre en sa poche la clef qui ouvre un appartement. Il a pris la clef, je ne puis rentrer.
Fig. Prendre la clef des champs, s'évader, s'échapper.
Prendre une chose à pleine main, en prendre à poignée autant que la main peut en tenir.
Fig. Prendre une affaire en main, la diriger.
Citation : Tous les magistrats sont intéressés à prendre cette affaire en main,
MOL. ,
l'Avare, V, 1 Citation : Si vous ne prenez pas cette affaire [faire jouer une tragédie de Voltaire] avec vivacité, avec emportement, avec rage, je suis perdu,
VOLT. ,
Lett. d'Argental, 25 oct. 1777 Prendre en main les intérêts, le droit de quelqu'un, soutenir ses intérêts, ses droits.
Citation : Mais souvent sur ses vers un auteur intraitable à les protéger tous se croit intéressé, Et d'abord prend en main le droit de l'offensé,
BOILEAU ,
Art p. I Dans le style soutenu, prendre en main le timon des affaires, les rênes de l'État, etc. gouverner les affaires publiques.
Sens
2 Saisir une chose non avec la main, mais avec quelque instrument ou de toute autre manière. Prendre du feu sur une pelle. Prendre la lune avec les dents, voy. LUNE.
Il est à prendre, ou il n'est pas à prendre avec des pincettes, se dit de quelqu'un, de quelque chose extrêmement sale.
Sens
3 Il se dit des animaux qui saisissent avec leur gueule, leurs pattes, leurs griffes, etc. Le perroquet prend avec sa patte ce qu'on lui donne. Prendre le mors aux dents, voy. MORS.
Sens
4 En parlant de vêtements, mettre sur soi. Vous avez pris aujourd'hui un habit bien léger. Prendre le deuil, s'habiller de noir à l'occasion de la mort d'une personne.
Citation : J'ai su sa mort à Rome, ou j'en ai pris le deuil,
CORN. ,
Suite du Ment. I, 1 Citation : Elle dit que tout est son parent en France ; dès qu'il meurt quelque grand, elle prend le deuil,
SÉV. ,
216 Citation : Il était mon cousin ; la cour prendra le deuil,
C. DELAV. ,
Louis XI, III, 13 Prendre l'habit de religieux, ou, simplement, prendre l'habit, entrer en religion.
Prendre le voile, se faire religieuse.
Familièrement. Prendre le froc, se faire moine.
Prendre le petit collet, entrer dans l'ordre ecclésiastique.
Prendre la cuirasse, embrasser la profession des armes.
Prendre le bonnet, se faire recevoir docteur.
Prendre la haire, embrasser une vie pénitente.
Citation : Il prit, laissa, reprit la cuirasse et la haire,
VOLT. ,
Henr. IV Prendre la livrée, se faire laquais.
Prendre la perruque, ou prendre perruque, commencer à porter perruque.
Sens
5 Emporter avec soi certaines choses par besoin ou par précaution. Prendre un parapluie, une lanterne. Prendre sa canne. son mouchoir, sa tabatière. Sens
6 Emporter en cachette ou de force, ôter à quelqu'un ce qu'il a. On lui a pris une vache dans son pré. Citation : Prenez tout, s'il se peut ; ne soyez jamais prise,
RÉGNIER ,
Sat. XIII Citation : On a traité mon maître avec moins de rigueur, On n'a pris que sa bourse, et tu prends jusqu'au coeur,
CORN. ,
Suite du Ment. I, 2 Citation : Il m'a pris le ruban que vous m'aviez donné,
MOL. ,
Éc. des femm. II, 6 Citation : Harpagon : Allons, rends-le-moi sans te fouiller. - La Flèche : Quoi ? - Harpagon : Ce que tu m'as pris. - La Flèche : Je ne vous ai rien pris du tout,
MOL. ,
l'Avare, I, 3 Citation : Je veux que tu me dises des nouvelles de l'argent qu'on m'a pris. - On vous a pris de l'argent ?,
MOL. ,
ib. V, 2 Absolument.
Citation : Figaro : J'étais né pour être courtisan. - Suzanne : On dit que c'est un métier si difficile. - Figaro : Recevoir, prendre et demander, voilà le secret en trois mots,
BEAUMARCH. ,
Mar. de Fig. II, 3 Absolument et en un sens particulier. Faire des profits illicites.
Citation : Il [le chancelier Séguier] était aussi riche en entrant à la cour, qu'il l'était en mourant ; il est vrai qu'il a établi sa famille ; mais, si l'on prenait chez lui, ce n'était pas lui,
SÉV. ,
3 févr. 1672 Prendre un baiser, se dit d'un baiser ravi à une femme sans qu'elle le veuille.
Citation : Cet objet.... Me fit prendre un baiser sur votre belle bouche ; Mais las ! ce fut plutôt le baiser qui me prit,
VOIT. ,
Poés. Oeuv. t. II, p. 90 Prendre la maîtresse de quelqu'un, le supplanter près de sa maîtresse.
Citation : Ah ! s'il vous a pris votre maîtresse, repartit Freind, c'est une autre chose ; il ne faut jamais prendre le bien d'autrui,
VOLT. ,
Jenni, 2 Poétiquement, prendre les jours, la vie, disposer de la vie de quelqu'un, le faire mourir.
Citation : Avec ma liberté, que vous m'avez ravie, Si vous le souhaitez, prenez encor ma vie,
RAC. ,
Brit. IV, 2 Citation : Il me devait tes jours ; je rougis de les prendre En frappant un captif qui ne peut se défendre,
C. DELAV. ,
Fille du Cid, III, 6 Fig. Il en prendrait sur l'autel, sur le maître autel, c'est-à-dire il prend hardiment tout ce qu'il peut et partout où il peut.
Prendre se dit aussi des animaux. Le chat a pris le fromage. Le renard m'a pris trois poules.
Sens
7 Se saisir, s'emparer d'une personne. Il voulait résister, on l'a pris de force. Citation : Nous n'avons pu prendre le jeune homme, parce qu'il était plus fort que nous, et qu'ayant ouvert la porte il s'est sauvé,
SACI ,
Bible, Daniel, XIII, 39 Prendre au corps, arrêter prisonnier.
Prendre de force ou par force une femme, attenter à son honneur.
Il se dit aussi des choses que l'on saisit, dont on s'empare. Il a pris le sabre de son ennemi.
Citation : De mon trône en son âme elle prend la moitié,
CORN. ,
Pomp. I, 2 Prendre son bien où on le trouve, mettre ia main sur ce qui est à soi, en quelque endroit qu'on le rencontre.
Citation : La même réponse que faisait Molière à ceux qui lui reprochaient d'avoir pris une scène entière à Cyrano de Bergerac : cette scène m'appartient, puisqu'elle est bonne, et je prends mon bien où je le trouve,
D'ALEMB. ,
Éloges, Despréaux. Sens
8 Prendre se dit de levées d'hommes qui se font. L'empereur Napoléon prenait tous les jeunes gens de chaque conscription. Citation : Il prendra vos enfants pour conduire ses chariots, il s'en fera des gens de cheval, et il les fera courir devant son char,
SACI ,
Bible, Rois, I, VIII, 11 Sens
9 Prendre se dit de Dieu qui fait disparaître un être humain par la mort. Citation : Quoi ! c'est mon fils ! - Le vôtre : Dieu vous en a pris un, il vous en rend un autre,
C. DELAV. ,
Fille du Cid, I, 9 Sens
10 Arrêter pour emprisonner. Citation : Aussitôt le roi ordonna en secret à Hégésippe de prendre Protésilas et Timocrate, de les conduire en sûreté dans l'île de Samos, et de les y laisser,
FÉN. ,
Tél. XIV Citation : J'ouvre la bouche et dis : je voudrais, s'il vous plaisait, ne pas payer Chambord ; sur ce mot on me prend, on me met en prison,
P. L. COUR. ,
Rép. aux anonym. Il a été pris comme dans un blé, il a été attrapé de manière à ne pouvoir se sauver.
Sens
11 En guerre, s'emparer, se rendre maître de. Citation : Vauban dit que le canon prendra cette place,
PELLISSON ,
Lett. hist. t. III, p. 8 Citation : On avait conté auparavant qu'un courtisan avait dit au roi : " Sire, vous prenez des loups comme Monseigneur, et il prend des villes comme vous, ",
SÉV. ,
474 Citation : Philisbourg est pris, ma chère enfant, votre fils se por e bien,
PELLISSON ,
475 Citation : Je m'en vais après dîner à Brévanes.... Mme de Coulanges m'y souhaite, il y a six semaines : mais j'avais Philisbourg à prendre,
PELLISSON ,
479 Citation : Ce duc [le duc de Lunebourg] avait chargé le maréchal de Créquy en flanc, pris son canon et son bagage,
PELLISSON ,
205 Citation : La prise du vaisseau de guerre ostendois a satisfait Sa Majesté, et vous devez observer que ce n'est pas faire beaucoup que de prendre un vaisseau et laisser aller ensuite le capitaine et l'équipage...,
,
Seignelay à Panetié, 7 févr. 1678, dans JAL Citation : Cet étranger [un Allemand au service de Russie], exalté du désir de reprendre Moscou et de se naturaliser en Russie par cet exploit signalé, s'emporta loin des siens.... il se précipite vers le Kremlin, rencontre des avant-postes, les méprise, tombe dans une embuscade, et, se voyant pris dans une ville qu'il voulait prendre....,
SÉGUR ,
Hist. de Nap. IX, 6 Faire prisonnier.
Citation : Josèphe leur concitoyen [des Juifs], un de leurs capitaines, un de leurs prêtres, qui avait été pris dans cette guerre en défendant son pays,
BOSSUET ,
Hist. II, 8 Citation : S'ils [les Grecs] l'eussent prise [Artémise], elle n'aurait mérité que d'être comblée de louanges et d'honneurs,
ROLLIN ,
Hist. anc. Oeuvr. t. III, p. 239, dans POUGENS Sens
12 Attraper à la chasse, à la pêche, dans un piége, etc. Citation : Tel est pris qui croyait prendre,
LA FONT. ,
Fabl. VIII, 9 Citation : Un manant au miroir prenait des oisillons,
LA FONT. ,
ib. VI, 15 Citation : Là, cormoran, le bon apôtre.... Vous les prenait sans peine [les poissons], un jour l'un, un jour l'autre,
LA FONT. ,
ib. X, 4 Citation : Honteux comme un renard qu'une poule aurait pris,
LA FONT. ,
ib. I, 18 Citation : Les poissons se moquent de moi comme les hommes ; je ne prends rien, je meurs de faim,
VOLT. ,
Zadig, 17 Citation : On prend la pie dans les mêmes piéges et de la même manière que la corneilie,
BUFF. ,
Ois. t. V, p. 121 Fig. Se laisser prendre au piége, à l'hameçon, se laisser tromper.
Citation : Je me suis laissé prendre à l'appât des grandeurs,
P. LEBRUN ,
Marie Stuart, II, 2 Dans un sens analogue. Ne vous laissez pas prendre à ses paroles, à sa feinte douceur.
Citation : Qui, chaleur, force, enthousiasme, voilà ses expressions, et vous vous laissez prendre à ce galimatias,
GENLIS ,
Théât. d'éduc. les Faux amis, I, 4 Fig. Cette femme l'a pris dans ses filets, cette femme l'a séduit.
Fig. Prendre quelqu'un au trébuchet, obtenir par artifice quelque chose de quelqu'un.
Fig. Prendre un rat, voy. RAT.
Prendre se dit aussi des animaux qui chassent ou pêchent. Le chat a pris une souris. La mouette a pris un poisson.
Fig. S'emparer de l'esprit, du coeur.
Citation : Alléguant maint exemple en ce siècle où nous sommes, Qu'il n'est rien si facile à prendre que les hommes,
RÉGNIER ,
Sat. III Citation : Que la vengeance est douce à l'esprit d'une femme ! Je l'attaquai par là, par là je pris son âme,
CORN. ,
Cinna, V, 2 Citation : Pour une qu'amour prend par l'âme, Il en prend mille par les yeux,
LA FONT. ,
Nicaise. Citation : Tout ce qu'elle m'a dit m'a semblé si spirituel, que, si elle avait manqué de me prendre par les yeux, elle m'aurait pris par les oreilles,
BOURSAULT ,
Lett. nouv. t. III, p. 39, dans POUGENS Citation : Comme la raison n'est pas toujours écoutée, lorsque nos inclinations y résistent, parce que notre inclination est elle-même souvent la plus pressante raison qui nous émeuve, Dieu saura nous prendre encore de ce côté-là....,
BOSSUET ,
Lib. arb. VII Citation : Il me prenait par mon propre intérêt,
FÉN. ,
Tél. XIII Citation : Les jeunes gens veulent être pris par les sens,
DIDER. ,
Pens. philos. n° 26 Citation : Cette manière de prendre toujours les enfants, comme on dit, par la sensibilité, ne vaut rien lorsqu'on en abuse,
GENLIS ,
Ad. et Théod. t. I, p. 208, dans POUGENS Prendre quelqu'un par son faible, flatter, toucher son inclination favorite.
Savoir prendre quelqu'un, connaître les mobiles par lesquels on peut agir sur lui.
Citation : Et quand on sait le prendre, on en fait ce qu'on veut,
J. B. ROUSS. ,
Flatt. I, 1 Prendre quelqu'un par ses propres paroles, le convaincre par ce qu'il a dit lui-même, se faire contre lui un droit de ses propres paroles.
Citation : M. Basnage fait semblant de me vouloir prendre par mes propres paroles,
BOSSUET ,
Déf. Var. 1er disc. 42 Sens
13 Surprendre. Je l'ai pris à voler des fruits. On m'a pris au dépourvu. Citation : Je te prends sur le livre. - Hé bien, qu'en veux-tu dire ? Tant d'excellents esprits qui se mêlent d'écrire, Valent bien qu'on leur donne une heure de loisir,
CORN. ,
Gal. du Pal. I, 7 En un sens analogue.
Citation : Dieu connaît de toute éternité tout ce que la créature fera librement, en quelque temps qu'il la puisse prendre, et en quelques circonstances qu'il la puisse mettre,
BOSSUET ,
Lib. arb. VI Prendre quelqu'un sur le fait, le prendre au moment même où il fait quelque chose qu'il voulait cacher.
Fig.
Citation : En vain la nature s'était cachée dans des lieux si profonds et si inaccessibles pour travailler à la végétation des pierres, elle fut, pour ainsi dire, prise sur le fait par des curieux si hardis,
FONT. ,
Tournefort. Citation : Ah, disait-il [le nain de Saturne], j'ai pris la nature sur le fait ; mais il se trompait sur les apparences....,
VOLT. ,
Microm. 8 On dit dans le même sens : prendre quelqu'un en flagrant délit (voy. LAGRANT).
Prendre quelqu'un la main dans la poche, la main dans le sac, le surprendre au moment où il commet un vol ou quelque détournement.
Prendre en faute, surprendre pendant qu'une faute se commet.
Citation : Ma situation était pire encore par l'animosité de mes ennemis, qui ne cherchaient qu'à me prendre en faute,
J. J. ROUSS. ,
Conf. XII Prendre quelqu'un sans vert, voy. VERT.
Prendre quelqu'un au pied levé, voy. LEVÉ, n° 1.
Prendre quelqu'un au saut du lit, l'aller trouver dès le matin afin de ne pas le manquer.
Prendre quelqu'un au mot, se hâter d'accepter une offre.
Prendre quelqu'un à son avantage, le saisir, le surprendre quand on a l'avantage sur lui.
Citation : J'ai fait une réponse à M. de Carcassonne.... je l'ai pris à mon avantage, et, comme je le tiens à cent cinquante lieues de moi, je lui dis tout ce que je pense,
SÉV. ,
510 Prendre le défaut d'un joueur, à la paume, pousser la balle de manière que celui qui est obligé de la renvoyer ne puisse aisément aller au-devant.
Terme d'escrime. Prendre sur le temps, porter une botte à son adversaire dans l'instant où il s'occupe de quelque mouvement.
Citation : Y prendre, prendre à cela, c'est-à-dire prendre quelqu'un dans une occupation, dans une circonstance, dans un état d'esprit indiqués par le contexte du discours Le corbeau, honteux et confus, Jura, mais un peu tard, qu'on ne l'y prendrait plus,
LA FONT. ,
Fabl. 1, 2 Citation : Ah ! je vous y prends enfin, perfide ! me voilà sûre de votre inconstance....,
VOLT. ,
Écoss. IV, 4 Citation : Vous lisez donc des chansonnettes ? Ah ! je vous y prends, monseigneur,
BÉRANG. ,
Cardin. Sens
15 Manger, boire, avaler Je n'ai encore rien pris de la journée. Citation : Mon avis est qu'on la remette sur son lit, et qu'on lui fasse prendre quantité de pain trempé dans du vin,
MOL. ,
Méd. malgré lui, II, 6 Citation : J'ai pris une, deux, trois, quatre, cinq, six, sept, huit médecines,
MOL. ,
Mal. imag. I, 1 Citation : J'ai voulu me raccommoder avec le chocolat, j'en pris avant-hier pour digérer mon dîner, afin de bien souper ; et j'en ai pris hier pour me nourrir, et pour jeûner jusqu'au soir,
SÉV. ,
94 Citation : Il était incommodé d'un dévoiement au commencement de son service ; il prit du lait sans préparation pour le faire cesser,
SÉV. ,
128 Citation : J'ai pris, j'ai fait couler dans mes brûlantes veines Un poison que Médée apporta dans Athènes,
RAC. ,
Phèdre, V, 7 Voudriez-vous prendre quelque chose ? se dit à une personne que l'on invite à manger un morceau.
Citation : Peut-être le matin prenez-vous quelque chose : Un bouillon ? du café ? que vous plaît-il des deux ?,
BOURSAULT ,
Fables d'Ésope, I, 2 On dit : prendre du café, du thé, du chocolat, plutôt que boire.
Trop prendre de son vin, ou, absolument, en trop prendre, s'enivrer.
Citation : Il faut.... Ou que mon maître ait pris le soir pour le matin, Ou que trop tard au lit le blond Phébus sommeille, Pour avoir trop pris de son vin,
MOL. ,
Amph. I, 2 Citation : C'est lui qui en a trop pris ; pour moi, j'en ai pris aussi ; ils sont si longtemps à table que par contenance on boit, et puis on boit encore, et on se trouve avec une gaieté extraordinaire,
SÉV. ,
29 août 1677 Fig.
Citation : Son coeur n'est pas usé pour moi, il n'est seulement qu'un peu rassasié du plaisir de m'aimer, pour en avoir trop pris d'abord,
MARIVAUX ,
Marianne, part. 8 Faire usage d'une chose pour sa santé, pour son agrément, etc. Prendre un bain.
Citation : Comment ! que voulez-vous faire ? - Prendre ce petit lavement-là ; ce sera bientôt fait,
MOL. ,
Mal. imag. III, 4 Citation : De quoi vous mêlez-vous.... d'empêcher monsieur de prendre mon clystère ?,
MOL. ,
ib. Citation : On a fait refus de prendre le remède que j'avais prescrit,
MOL. ,
ib. III, 6 Citation : Je prendrai la douche dans quelques jours,
SÉV. ,
277 Citation : J'ai donc pris des eaux ce matin, ma très chère ; ha ! qu'elles sont méchantes !,
SÉV. ,
277 Prendre du tabac, mettre de la poudre de tabac dans son nez.
Citation : Il n'est rien d'égal au tabac.... ne voyez-vous pas bien, dès qu'on en prend, de quelle manière obligeante on en use avec tout le monde ?,
MOL. ,
Festin, I, 1 Prendre la poudre d'escampette, voy. ESCAMPETTE.
Prendre l'air, sortir d'un lieu où l'on était renfermé pour aller dans un endroit découvert, aéré.
Citation : Allons prendre un peu d'air dans la cour des prisons,
CORN. ,
Suite du Ment. II, 7 Citation : Je me promène, il est vrai ; mais il faut qu'on défende le beau temps, si l'on veut que je ne prenne pas l'air,
SÉV. ,
369 Prendre l'air, sortir de la ville pour aller passer quelque temps à la campagne.
Familièrement. Prendre l'air, s'évader, se retirer d'une situation où l'on court quelque péril. On voulut l'arrêter ; mais il avait pris l'air.
Prendre le frais, respirer la fraîcheur.
Citation : Quel grand mal est-ce qu'il y a à prendre le frais la nuit ?,
MOL. ,
G. Dand. III, 8 Citation : Candide et Martin, en retournant à la petite métairie, rencontrèrent un bon vieillard qui prenait le frais à sa porte sous un berceau d'orangers,
VOLT. ,
Candide, 30 En un sens analogue.
Citation : Quand j'ai pris toute la beauté du soleil en marchant toujours, je rentre dans ma chambre,
SÉV. ,
26 nov. 1684 Prendre du repos, prendre du relâche, interrompre le travail, l'action, par du repos, par du relâche.
Citation : Prends du repos, ma fille, et calme tes douleurs,
CORN. ,
Cid, II, 9 Dans les maisons religieuses, prendre la discipline, se donner la discipline. Ces religieuses prenaient la discipline deux fois la semaine.
Sens
16 Être atteint par communication, en parlant de maladies contagieuses. Il a pris le typhus dans l'hôpital. Citation : Je suis effrayée de ces fièvres que je crains que vous ne preniez à Versailles ; on mande ici que tout en est plein,
SÉV. ,
22 sept. 1687 Fig. Prendre un mal, une passion, contracter un mal moral, une passion, etc.
Citation : Vous avez pris ce mal-là de moi,
SÉV. ,
18 oct. 1688 Citation : Son maître.... Prit insensiblement dans les yeux de sa nièce L'amour où je voulais amener sa tendresse,
RAC. ,
Brit. IV, 2 Citation : Elle ne pensait jamais à donner de l'amour, mais elle était sujette à en prendre,
MARIVAUX ,
Pays parv. 4e part. Citation : Le roi prit de l'amour pour Mme de Montespan dans le temps qu'il vivait avec Mlle de la Vallière en maîtresse déclarée,
Mme DE CAYLUS ,
Souvenirs. Sens
17 Il se dit de certaines conditions corporelles. Prendre de l'embonpoint, du corps, devenir plus gras, plus gros. Citation : Le tarier prend beaucoup de graisse dès la fin de l'été, et alors il ne le cède point à l'ortolan pour la délicatesse,
BUFF. ,
Ois. t. IX, p 327 Citation : Un coq est capable d'engendrer à l'âge de trois mois, et il n'a pas alors pris plus du tiers de son accroissement,
BUFF. ,
Hist. anim. t. III, p. 457 Prendre du ventre, devenir ventru.
Prendre des forces, se fortifier.
Fig.
Citation : J'ai pris dans l'horreur même où je suis parvenue Une force nouvelle à mon coeur inconnue,
VOLT. ,
Orphel. V, 1 Prendre de l'âge, avancer en âge.
Ce cheval prend quatre ans, cinq ans, il entre dans sa quatrième, dans sa cinquième année.
Prendre les dents, se dit du cheval, lorsque les secondes dents lui poussent.
Prendre une posture, une attitude, placer son corps d'une certaine manière.
Il se dit de certains mouvements du corps. Prendre son vol, commencer à s'envoler.
Citation : Déjà prenait l'essor, pour se sauver dans les montagnes, cet aigle dont le vol hardi avait d'abord effrayé nos provinces,
FLÉCH. ,
Tur. Prendre son élan. se donner une certaine impulsion en courant afin de s'élancer plus loin.
Prendre la fuite, s'enfuir.
Anciennement, prendre son escousse, s'élancer.
Prendre le trot, le galop, se dit d'un cheval qui se met à trotter, à galoper.
Prendre les aides des jambes, se dit d'un cheval qui commence à répondre à ces aides.
Prendre chair, se dit d'un cheval qui commence à se rétablir après une longue maladie.
Prendre les coins, entrer dans les angles du manége.
Sens
18 Contracter, adopter, en parlant de certaines qualités ou manières. Il prend de mauvaises habitudes. Il prit un ton sévère. Citation : Conjuguez avec moi, pour bien prendre l'accent,
REGNARD ,
le Distr. III, 3 Citation : Il [Alexandre] prit les moeurs des Perses, pour ne pas désoler les Perses en leur faisant prendre les moeurs des Grecs,
MONTESQ. ,
Esp. X, 14 Citation : Jeune, égaré, j'avais tous les caprices ; De mes amis j'avais pris tous les vices,
VOLT. ,
Enf. prod. IV, 3 Citation : Elle prend des caprices, de l'humeur ; elle se forme enfin,
GENLIS ,
Théât. d'éduc. le Méchant par air, I, 6 Cet homme prend des airs, prend certains airs, il affecte un ton, des manières qui ne lui conviennent pas.
Prendre le haut ton, parler avec fierté.
En un même sens, le prendre sur le haut ton, ou, elliptiquement, le prendre haut.
Citation : Tu le prends d'un haut ton, et je crois qu'au besoin Ce discours emphatique irait encor bien loin,
CORN. ,
Mél. I, 1 Citation : Le sage, disaient les stoïciens, est invulnérable et inaccessible à toute sorte de maux.... il est lui-même sa félicité ; c'est le prendre d'un ton bien haut pour des hommes faibles et mortels,
BOSSUET ,
Sermons, 3e dim. après Pâq. Préambule. Citation : Au commencement de 1520, il [Luther] le prit d'un ton un peu plus haut,
BOSSUET ,
Var. I, 23 Citation : Enfin Rolando, fatigué d'une scène où il mettait inutilement beaucoup du sien, le prit sur un ton si haut, qu'il imposa silence à la compagnie,
LESAGE ,
Gil Bl. I, 5 On dit de même : Vous le prenez bien haut.
Citation : Mais, mon petit monsieur, prenez-le un peu moins haut. - Ma foi, mon grand monsieur, je le prends comme il faut,
MOL. ,
Mis. I, 2 Le prendre sur un certain ton, affecter telle ou telle manière.
Citation : Luther le prenait d'un ton de prophète contre ceux qui s'opposaient à sa doctrine,
BOSSUET ,
Var. I, 31 Citation : .... Je ne veux pas le prendre Sur le ton fier et sérieux,
TH. CORN. ,
Circé, I, 2 Citation : De quel ton le prenez-vous là, s'il vous plaît ?,
DANCOURT ,
Chev. à la mode, II, 2 Citation : Tout innocent que je suis, vous le prenez sur un ton qui ne laisse pas d'embarrasser mon innocence,
LE SAGE ,
Crispin rival, 14 Citation : Oui, sur ce ton Puisque vous le prenez, je la garde,
COLLIN D'HARLEVILLE ,
Vieux célib. IV, 5 Le prendre par là, le prendre sur ce ton.
Citation : Qui ! tu le prends par là ?,
MOL. ,
le Dép. IV, 4 Citation : Elle [la princesse de Tarente] me demande toujours de vos nouvelles : si elle le prend par là, elle me fera fort bien sa cour,
SÉV. ,
29 sept. 1675 Le prendre ainsi, même sens.
Citation : Puisque vous le prenez ainsi, je ne puis vous le refuser,
PASC. ,
Prov. VII Le prendre d'un air, d'une façon, employer un air, une façon.
Citation : Elle eut beau le prendre d'un air riant avec lui, et lui dire même : Je vous attendais, il n'en reprit pas plus de sérénité,
MARIVAUX ,
Pays. parv. 5e part. Sens
19 Prendre quelque chose, un nom, un titre, se le donner, se l'appliquer. Citation : Ces titres glorieux plaisaient à mes amours ; Je les pris sans horreur pour conserver tes jours,
CORN. ,
Médée, III, 3 Citation : Et l'ingrate en fuyant me laisse pour salaire Tous les noms odieux que j'ai pris pour lui plaire,
RAC. ,
Andr. V, 4 Prendre un titre, une qualité, se donner un titre, une qualité, l'employer en parlant de soi.
Prendre la liberté de faire une chose, prendre sur soi de la faire.
Par politesse. J'ai pris la liberté de vous écrire.
Prendre des libertés, agir trop librement, peu décemment avec quelqu'un.
Il se dit particulièrement d'actions, de gestes trop libres auprès des femmes.
On dit de même : prendre des licences, des privautés.
Sens
20 Exiger un certain prix pour une chose. Ce marchand prend trente francs de ce drap. à l'octroi, on prend tant par kilogramme d'huile. Les fiacres prennent tant par heure. Citation : Allez, faites-moi vendre [procurez-moi du débit], Et pour l'amour de vous je n'en voudrai rien prendre [d'un objet qu'on vend],
CORN. ,
Galer. du Pal. IV, 14 Citation : On dit qu'il prenait une fois plus de ceux qui venaient à lui pour apprendre à jouer de la flûte après avoir eu un autre maître,
ROLLIN ,
Hist. anc. Oeuv. t. XI, 1re part. p. 233, dans POUGENS. Il se dit quelquefois pour acheter. Je prendrai cela pour six francs, si vous voulez me le donner.
Citation : Si M. le duc de Praslin veut des montres, nous sommes à ses ordres ; M. le duc de Choiseul a la bonté de nous en prendre,
VOLT. ,
Lett. d'Argental, 4 juin 1770 Absolument.
Citation : Il faut prendre ou laisser, et l'on ne choisit pas,
REGNARD ,
Démocrite, I, 1 C'est à prendre ou à laisser, vous avez le choix, mais il faut vous décider pour le oui ou le non.
Substantivement. Avoir le prendre ou le laisser, avoir le choix.
Citation : Trouvant sur les arbres un refuge, il a partout le prendre et le laisser,
J. J. ROUSS. ,
Orig. I Sens
21 Accepter, recevoir. Prenez ce petit présent. J'ai pris ce qu'on m'a donné. Citation : Oui, fort bien, hors l'argent qu'il ne fallait pas prendre,
MOL. ,
Éc. des femm. IV, 4 Citation : Il y a des gens bavards dont je ne prends jamais les nouvelles,
SÉV. ,
21 août 1675 Fig. Dans ce qu'il dit, il faut en prendre et en laisser, ce qu'il dit ne mérite pas grande confiance.
Absolument. Prendre à pleines mains, à toutes mains, de toutes mains, à deux mains, se dit des gens avides qui ne laissent échapper aucune occasion de s'enrichir.
Citation : L'autre prend à deux mains et demande toujours,
BOISROBERT ,
Belle plaideuse, I, 4 Par analogie.
Citation : Son hommage auprès d'elle a-t-il eu plein effet ? Comment l'a-t-elle pris ? et comment l'a-t-il fait ?,
CORN. ,
Othon, II, 1 Prendre l'ordre de quelqu'un, recevoir l'ordre de celui qui doit le donner.
Citation : Voudront-ils recevoir un ordre souverain De qui l'a jusqu'ici toujours pris de leur main ?,
CORN. ,
Pulch. II, 2 Par politesse, prendre les ordres de quelqu'un, lui demander ce qu'il a à commander.
Prendre congé de quelqu'un, lui faire, avant de partir, les adieux qu'exige la politesse.
Citation : L'évêque de***.... dont, avant de prendre congé de lui, il a ramassé la pantoufle, comme l'un de ses gants,
LA BRUY. ,
XI Prendre des leçons, recevoir des leçons.
Prendre les choses comme elles viennent, les recevoir avec indifférence sans se mettre en peine des suites qu'elle peuvent avoir.
Prendre les hommes comme ils sont, s'en accommoder quel que soit leur caractère.
Citation : Je prends tout doucement les hommes comme ils sont,
MOL. ,
Mis. I, 1 Citation : Il faut prendre les gens comme ils sont, à ce qu'on dit,
VOLT. ,
Lett. d'Argental, 4 janv. 1773 Citation : Homère n'inventa rien sur les dieux ; il les prit comme ils étaient,
VOLT. ,
Philos. Déf. Bolingbr. 12 Prendre le temps comme il vient, s'accommoder à tous les événements.
Citation : Si vous aviez appris à prendre le temps comme il vient....,
SÉV. ,
399 Prendre légèrement quelque chose, le supporter, en user avec une sorte d'allégresse.
Citation : Jeune encore, Honfroy prenait légèrement la vie,
CHATEAUBR. ,
Natch. V Familièrement. Prenez que, supposez que.
Citation : Prenons donc pour très véritable que....,
PASC. ,
Équil. des liqueurs, II Citation : Çà, je le veux, prenons que la chose est douteuse,
BARON ,
Andrienne, III, 4 Citation : Tenez, parlons en conscience ; prenez que je sois vous et que vous soyez moi,
MARIVAUX ,
Pays. parv. part. 1 Citation : Prenez qu'on m'a surpris et que je n'ai rien dit,
GRESSET ,
le Méchant, III, 10 Citation : Prends pour sûr que je leur tiendrai tête,
C. DELAV. ,
Fille du Cid, I, 1 Sens
22 Être partie prenante. Le rapport de l'argent donné se fait en moins prenant dans le numéraire de la succession, Code Nap. art 869. Sens
23 Au jeu de l'écarté, prendre des cartes, changer une ou plusieurs des cartes de son jeu pour autant de cartes du talon. Jouer sans prendre, à l'hombre, nommer l'atout et jouer sans écarter.
S. m. Se dit, à l'hombre, quand on fait jouer sans écarter. Demander le sans prendre.
Au jeu de quadrille, jouer sans prendre, se dit de celui qui entreprend de jouer sans appeler une autre carte.
Sens
24 Recevoir en partage. Citation : Je trouve plaisant que cette vertu ne soit donnée qu'aux mâles de notre maison, et que nous autres femmes nous ayons pris toute la timidité,
SÉV. ,
Lett. à Bussy, 15 oct. 1674 Sens
25 Tirer de, emprunter. Il a pris cela dans Cicéron. Il a pris l'idée de cette tragédie dans un vieux roman. Citation : Le Pompée, où j'ai beaucoup pris de Lucain, et ne crois pas être demeuré fort au-dessous de lui, quand il a fallu me passer de son secours,
CORN. ,
Médée, Examen. Citation : Molière ne prit-il pas deux scènes du Pédant joué de Cyrano de Bergerac, son compatriote et son contemporain ?,
VOLT. ,
l'Héraclius espagnol, Dissertation Familièrement.
Citation : Où avez-vous pris cela ? c'est-à-dire qui vous a dit cette nouvelle ? qui vous fait avoir cette pensée ? Peste ! où prend mon esprit toutes ces gentillesses ?,
MOL. ,
Amph. I, 1 Citation : On demanda aigrement à la Chaise où il avait pris cela : il fit voir un manuscrit,
SÉV. ,
560 Citation : Où est-ce qu'il prend tout ce qu'il me dit ?,
MARIVAUX ,
Double inconst. I, 12 On dit de même : où avez-vous pris que je voulusse vendre ma maison ?
Citation : Où avez-vous pris qu'un enfant qui n'a point de dents et qui ne se soutient pas à dix-huit mois, ait échappé à tous les périls ?,
SÉV. ,
14 juill. 1677 On le dit avec l'indicatif, quand on a dans l'esprit quelque assertion positive.
Citation : Si on lui demande [à l'athée] d'où il a pris que cette exclusion de tous les autres êtres appartient à la nature de l'infini....,
DESC. ,
Rép. aux secondes obj. 25 Citation : Où avez-vous pris, mon cher duc, que je suis affligée des discours des courtisans, vous qui savez que nous vivons d'injures ?,
MAINTENON ,
Lett. au D. de Noailles, t. V, p. 98, dans POUGENS Sens
26 Terme de peinture. Prendre le trait, calquer un tableau. Prendre au voile, calquer au moyen d'un voile de soie noire.
Sens
27 Engager quelqu'un sous certaines conditions, ou s'engager avec lui sous certaines conditions. Prendre un domestique, une cuisinière. Prendre un maître de danse. Prendre un associé. Citation : J'ai encore ouï dire, madame, qu'il a pris aujourd'hui, pour renfort de potage, un maître de philosophie,
MOL. ,
Bourg. gent. III, 3 Citation : Elle prendra une douzaine d'ouvrières avec elle, s'il le faut, et nous vous aurons l'obligation d'une nouvelle manufacture,
VOLT. ,
Lett. à Mme de St-Julien, 31 juill. 1772 Prendre femme, se marier.
Citation : Quant à vous, suivez Mars, ou l'amour, ou le prince ; ...Prenez femme, abbaye, emploi, gouvernement, Les gens en parleront, n'en doutez nullement,
LA FONT. ,
Fabl. III, 1 Citation : Cléonte et Lycidas ont pris femme tous deux,
MOL. ,
Femm. sav. II, 3 Prendre une femme, choisir une femme et l'épouser.
Citation : Alexandre prit des femmes de la nation qu'il avait vaincue ; il voulut que ceux de sa cour en prissent aussi,
MONTESQ. ,
Esp. X, 14 Prendre se dit aussi d'une femme qui prend un homme pour amant, ou pour mari, ou d'un homme qui prend une femme pour maîtresse.
Citation : Il n'avait pris la Castelmaine que quand son maître n'en voulait plus,
HAMILT. ,
Gramm. 11 Citation : Voilà nos honnêtes femmes, poursuivit-il : quand elles nous prennent, c'est excès d'amour ; quand elles nous quittent, c'est effort de vertu,
MARMONTEL ,
Contes mor. Alcib. Citation : À propos, savez-vous que la belle Mme de N*** a pris un amant ?,
GENLIS ,
Ad. et Théod t. III, p. 15, dans POUGENS Sens
28 Aller joindre quelqu'un en quelque endroit, pour de là se rendre ailleurs avec lui. Citation : Elle me vint prendre à mon hôtellerie,
SÉV. ,
290 Citation : Songez-y ; je vous laisse, et je viendrai vous prendre Pour vous mener au temple où ce fils doit m'attendre,
RAC. ,
Andr. III, 7 Citation : Comment donc ! est-ce ainsi que l'on se fait attendre ? Moi-même il faut chez vous que je vienne vous prendre,
BOISSY ,
Deh. tromp. III, 5 Je sais où vous prendre, c'est-à-dire je sais où vous êtes, où je pourrai m'adresser si j'ai quelque affaire avec vous.
Citation : Je sais où vous êtes, et cette connaissance démêle un peu mon imagination, qui sait où vous prendre à point nommé,
SÉV. ,
508 Citation : Je ne sais plus où le prendre [M. Trouvé] ; il a quitté Saint-Jacques....,
SÉV. ,
11 mai 1683 Citation : Je ne sais où vous prendre, monsieur ; vous ne m'avez point informé de votre demeure à Paris,
VOLT. ,
Lett. d'Argence, 26 févr. 1762 Prendre quelqu'un, l'emmener avec soi.
Citation : Ramène-moi, barbare, aux lieux où tu m'as prise,
TH. CORN. ,
Ariane, III, 4 Citation : Ha que vous avez bien fait, ma fille, de la prendre [Pauline qui avait été mise dans un couvent pendant un voyage à Paris] ! gardez-la, ne vous privez pas de ce plaisir,
SÉV. ,
379 Citation : Aux portes du palais prends le Juif Mardochée,
RAC. ,
Esth. II, 5 Il se dit d'une troupe que l'on emmène avec soi.
Citation : Il prit son régiment des gardes, et courut à l'aile gauche,
D'ABLANCOURT ,
Arrien, dans RICHELET Sens
29 Recueillir quelqu'un, lui donner l'hospitalité. Citation : Il [M. Trouvé] a quitté Saint-Jacques par discrétion, ne voulant pas abuser de la bonté extrême du plus pauvre curé de Paris ; un autre [curé] l'a pris,
SÉV. ,
11 mai 1683 Citation : Savez-vous bien que j'ai chez moi un jésuite pour aumônier ?... il est vrai que je ne l'ai pris qu'après m'être bien assuré de sa foi,
VOLT. ,
Lett. d'Alembert, 28 sept. 1763 Prendre quelqu'un, signifie aussi recevoir sa visite.
Citation : Je ferai ce que je pourrai, je ne promets pas, vous me prendrez si je viens,
DIDER. ,
Mém. t. IV, p. 224 Sens
30 Prendre quelqu'un, le séparer du reste de la compagnie et s'adresser à lui. Prendre quelqu'un à part. Citation : Quand le repas fut fini, la déesse prit Télémaque et lui parla ainsi,
FÉN. ,
Tél. I Sens
31 Retrancher une partie d'un tout, ôter, tirer. J'ai pris le quart de cette somme. Citation : Bienfaisant et par conséquent juste, Montesquieu ne voulait rien prendre sur sa famille, ni des secours qu'il donnait aux malheureux, ni des dépenses considérables auxquelles ses longs voyages, la faiblesse de sa vue et l'impression de ses ouvrages l'avaient obligé,
D'ALEMB. ,
Éloges, Montesq.
Familièrement. Il a pris sa bonne part de la fête, du plaisir, etc. il y a beaucoup participé.
Absolument. Prendre sur sa nourriture, sur sa dépense, retrancher de sa nourriture, de sa dépense ordinaire, pour subvenir à autre chose.
Prendre sur son sommeil pour travailler, pour étudier, diminuer les heures du sommeil, pour augmenter celles du travail, de l'étude.
Fig. Prendre sur, retrancher à.
Citation : Voilà le vrai secret de faire Attale roi, Comme vous l'avez dit, sans rien prendre sur moi,
CORN. ,
Nicom. II, 3 Citation : Je ferai vos compliments à Brancas.... prenez une page sur moi pour lui donner,
SÉV. ,
10 août 1680 Citation : Prendre un peu sur sa probité pour donner aux intérêts d'un maître,
HAMILT. ,
Gramm. 8 Citation : Toutes ces entreprises commencées et qui ne prenaient rien sur les devoirs, marquent assez combien M. Dodart était laborieux,
FONTEN ,
Dodart. Citation : Que prenons-nous sur nos passions, sur nos humeurs, sur nos goûts ....pour pouvoir prétendre au titre de ses disciples [de Jésus] ?,
MASS. ,
Carême, Mot. de conv. Citation : Le monde n'a-t-il rien pris sur tes moeurs ?,
J. J. ROUSS. ,
Ém. V Absolument.
Citation : Si .... vous êtes incommodée d'écrire, comme il y a bien de l'apparence, prenez sur moi comme sur celle qui vous aime le plus, sans faire tort à personne,
SÉV. ,
5 nov. 1684 Citation : Vous prenez sur votre repos, sur vos plaisirs, sur vos besoins mêmes, quand il s'agit de votre devoir,
MASS. ,
Petit carême, Drapeaux Citation : Cette philosophie de Newton a un peu pris sur notre commerce, mais rien sur mes sentiments,
VOLT. ,
Lett. en vers et en prose, 57 Familièrement. Je n'y prends ni n'y mets, c'est-à-dire la chose m'est indifférente.
Citation : Voilà ce qu'il [Corbinelli] vous demande ; vous voyez bien que je n'y prends ni n'y mets,
SÉV. ,
19 juill. 1677 Sens
32 Se charger de. Prendre une somme en dépôt. Prendre une affaire à ses risques, périls et fortune, s'en charger à tout hasard, profit ou perte.
Prendre une affaire à forfait, s'en charger pour un prix convenu, qu'il y ait perte ou gain.
Prendre un ouvrage à la tâche, s'en charger à raison de tant pour telle ou telle mesure, telle ou telle quantité.
Prendre une somme à intérêt, l'emprunter à condition d'en payer les intérêts.
Prendre un intérêt dans une affaire, dans une entreprise, contribuer de ses fonds dans une entreprise, à la condition d'avoir part aux profits ou aux pertes.
Prendre un engagement, contracter un engagement.
Prendre un rôle, voy. RÔLE.
Prendre quelqu'un sous sa protection, le protéger.
Prendre sur soi, se charger de quelque obligation.
Citation : Et moi, comme héritant son sceptre et sa couronne, Je prends sur moi sa dette, et je vous la fais bonne,
CORN. ,
D. Sanche, I, 3 Citation : C'est une dette dont vous pourriez lui demander compte ; mais cette dette, je la prends sur moi,
BOURDAL. ,
Serm. 21e dim. après la Pentecôte, Dominic. t. IV, p. 308 Prendre sur soi quelque chose, consentir qu'une chose nous soit imputée.
Citation : Il ne se contente pas de se charger de nos crimes, il en prend sur lui toute la honte,
MASS. ,
Carême, Passion. Prendre quelque chose sur soi, s'en porter responsable ou solidaire.
Citation : Je réponds de ma femme, et prends sur moi l'affaire,
MOL. ,
Femm. sav. II, 4 Citation : De son bannissement prenez sur vous l'offense,
RAC. ,
Brit. II, 3 Citation : Je prendrai sur moi la rupture ; vos père et mère ne sauront rien de l'aveu que vous m'aurez fait,
MARMONTEL ,
Mém. VIII Citation : Ces dames s'y opposent, et je n'ose rien prendre sur moi,
GENLIS ,
Voeux téméraires, t. II, p. 122, dans POUGENS Citation : Il n'importe, obéis, je prends sur moi le reste,
C. DELAV. ,
Vêpres sicil. III, 7 On dit aussi : prendre quelque chose sur son compte.
Prendre sur soi quelque chose, se décider à faire quelque chose.
Citation : Il faut donc que j'aie le courage de prendre ce voyage sur moi,
SÉV. ,
520 Citation : Vous prendrez sur vous de voir votre frère,
MASS. ,
Carême, Pardon. Citation : Jamais il [le régent] ne put prendre sur lui de rien refuser à ses amis, à ses ennemis, à ses maîtresses....,
RAYNAL ,
Hist. phil. IV, 18 Prendre sur soi, signifie quelquefois regarder comme adressé à soi.
Citation : Il [le Seigneur] prend sur lui les plus légers mépris dont on déshonore ses serviteurs,
MASS. ,
Carême, Médis. Prendre tout sur soi, trop sur soi, se donner toute la peine, se donner beaucoup de peine, vouloir faire plus qu'on ne peut.
Citation : Je vous recommande, ma chère enfant, un peu de repos.... vous prenez tout sur votre courage, cela fait mal,
SÉV. ,
26 nov. 1688 Citation : Je prends trop sur moi, pour que le corps ou l'esprit n'y succombe pas,
MAINTENON ,
Lett. à l'abbé Gobelin, 27 oct. 1675 Citation : Elle prend tout sur elle, et ne songe qu'à faire du bien,
FÉN. ,
Dial. des morts anc. Dial. 17 Absolument. Prendre sur soi, beaucoup sur soi, se contraindre.
Citation : Vous n'êtes plus en état, ma fille, de prendre sur vous ; tout y est pris, ce qui reste tient à votre vie,
SÉV. ,
379 Citation : Ils [M. et Mme de Chaulnes] savaient fort bien prendre sur eux-mêmes pour soutenir les grandes places où Dieu les a destinés,
SÉV. ,
3 févr. 1695 Citation : Vous avez appris à prendre sur vous-même, et à sacrifier tous les jours vos penchants à des intérêts plus forts,
MASS. ,
Carême, Samarit. Sens
33 S'établir dans. Citation : Gagner les bords de la Düna, où il prendra ses quartiers d'hiver,
SÉGUR ,
Hist. de Nap. IX, 6 Entrer en jouissance d'une chose à certaines conditions. Prendre des terres à ferme.
Prendre un logement, un appartement à loyer, ou, simplement, prendre un logement, un appartement, retenir par bail ou autrement un logement, un appartement.
Citation : Je vous conjure seulement de mander à d'Hacqueville ce que vous avez résolu pour cet hiver, afin que nous prenions l'hôtel de Carnavalet ou non,
SÉV. ,
6 sept. 1677 Sens
34 Choisir, préférer, se décider pour. Il faut prendre le plus beau papier pour cette impression. Citation : ....Tombant dans les mains de la nécessité, Ils ont pris le théâtre en cette extrémité,
CORN. ,
Illus. com. V, 5 Citation : Dois-je dans la province établir mon séjour, Prendre emploi dans l'armée, ou bien charge à la cour ?,
LA FONT. ,
Fabl. III, 1 Citation : Ainsi chacune prit son inclination,
LA FONT. ,
ib. II, 20 Citation : À quel parti me doit résoudre ma raison ? Ai-je l'éclat ou le secret à prendre ?,
MOL. ,
Amph. III, 3 Citation : Elle [la Providence] a déterminé Mme de Lesdiguières à prendre une livrée magnifique et modeste ; c'est un fond isabelle, car elle a envoyé promener le rouge,
SÉV. ,
11 mai 1683 Citation : Prends-moi le bon parti : laisse-là tous les livres,
BOILEAU ,
Sat. VIII Prendre le haut bout, choisir la place la plus honorable.
Prendre un expédient, choisir un moyen, un expédient pour terminer une affaire.
Citation : Tu prends, pour me toucher, un mauvais artifice,
CORN. ,
Héracl. III, 2 Prendre des mesures, prendre ses mesures, employer des moyens, des expédients pour faire réussir une chose.
Prendre ses précautions, ses sûretés, prendre les moyens nécessaires pour éviter un danger, un dommage.
Prendre une résolution, une détermination, un dessein, se résoudre à quelque chose.
Prendre le parti de, prendre son parti de, voy. PARTI 3, n° 7.
Prendre le parti de la robe, des armes, etc. voy. PARTI 3, n° 10.
Prendre les ordres sacrés, entrer dans les ordres.
Sens
35 Trier, faire un choix. Citation : Je ne prends que les vertus extraordinaires, et je choisis les fleurs que je jette sur son tombeau,
FLÉCH. ,
Duch. d'Aiguil. Sens
36 S'engager dans une route, dans une voie de communication, etc. Citation : J'ai pris un escalier, elle venait par l'autre,
TH. CORN. ,
Baron d'Albikrac, III, 1 Citation : Lève-toi, m'a-t-il dit, prends ton chemin vers Suse,
RAC. ,
Esth. I, 1 Citation : Faut-il de si grands talents et une si bonne tête à un voyageur pour suivre d'abord le grand chemin, et, s'il est plein et embarrassé, prendre la terre, et aller à travers champs ?,
LA BRUY. ,
VI Citation : Avec cette armée, il [le czar Pierre] prit son chemin par la Moldavie et la Valachie, autrefois le pays des Daces,
VOLT. ,
Charles XII, 5 Citation : Ils voient [à Moscou] d'autres flammes s'élever précisément dans la nouvelle direction que le vent venait de prendre sur le Kremlin,
SÉGUR ,
Hist. de Nap. VIII, 6 Prendre le plus long, le plus court, son plus long, son plus court, prendre le chemin le plus long ou le plus court.
Citation : On aime une personne qu'on va trouver, et on prend son plus court ; cela est naturel,
MARIVAUX ,
Pays. parv. 3e part. Absolument. Prendre à droite, à gauche, entrer dans un chemin situé à main droite ou à main gauche.
Citation : Promote, un des lieutenants généraux de l'empereur, prit à gauche avec une partie de la cavalerie,
FLÉCH. ,
Hist. de Théodose, II, 4 On dit de même : prendre à l'est, au nord, etc.
Citation : Pour avoir trop pris à l'ouest, la petite flotte manqua son terme,
RAYNAL ,
Hist. phil. XVI, 3 Prendre par, suivre une direction par un certain endroit.
Citation : Mets sur mon bras ton bras timide, Viens, nous prendrons par les tilleuls,
V. HUGO ,
Odes, V, 24 Prenez par ici, par là, allez par ce chemin-ci, par ce chemin-là.
Prendre à travers champs, à travers les terres labourées, aller directement, sans suivre le chemin frayé.
Fig et familièrement. Prendre à travers les choux, à travers choux, aller à son but tout droit, sans s'inquiéter d'aucune considération, et aussi procéder au hasard, sans méthode.
Prendre la voie de la messagerie, de la diligence, la voie du coche, aller par la messagerie, par la diligence, par le coche.
On dit de même : prendre la diligence, prendre la poste, prendre la messagerie, prendre le coche, prendre le chemin de fer, le premier train.
On dit dans le même sens : prendre un fiacre, un bateau, un cheval.
Fig. Prendre la bonne voie, la mauvaise voie, se porter au bien, au mal.
Fig. Prendre la bonne voie, se servir de bons ou de mauvais moyens pour réussir en quelque chose.
On dit dans le même sens : prendre les voies de la rigueur, de la douceur, etc.
Fig. Prendre le chemin de se ruiner, de faire fortune, faire ce qu'il faut pour se ruiner, pour s'enrichir.
Prendre les devants, le devant, partir avant quelqu'un, et fig. le prévenir, le devancer dans une affaire.
Prendre le pas sur quelqu'un, passer devant lui pour le précéder ; prendre sa droite, se mettre à sa droite.
Prendre la main, prendre le pas, c'est-à-dire prendre la droite. Les princes du sang prennent la main chez eux.
Sens
37 Il se dit de la façon dont on taille, emploie une étoffe. Le tailleur a mal pris cette étoffe. Prendre du drap à contre-poil. Prendre un habit, faire un habit sur un patron donné.
Citation : Je vous porte un habit complet à la valaisane, et j'espère qu'il vous ira bien ; il a été pris sur la plus jolie taille du pays,
J. J. ROUSS. ,
Hél. I, 23 Citation : Je gagerais qu'elles ont été prises d'après le même modèle,
DIDER. ,
Salon de 1767, Oeuv. t. XIV, p. 300, dans POUGENS Il se dit, en un sens analogue, de viandes qu'on découpe. Vous coupez mal ce bouilli ; vous n'avez pas pris le sens de la viande.
Fig. Prendre une affaire à contre-poil, la prendre en un sens contraire à celui qui serait convenable.
Fig. Prendre bien, prendre mal une affaire, la conduire bien ou mal.
Fig. Prendre une affaire du bon, du mauvais biais, la conduire bien, la conduire mal.
Citation : Et du biais qu'il faut vous prenez cette affaire,
MOL. ,
Sgan. 21 Fig. Prendre une chose du bon, du mauvais côté, la considérer comme il convient, comme il ne convient pas, et aussi supposer une bonne, une mauvaise intention.
Citation : Elle prend toujours les choses du mauvais côté,
REGNARD ,
Sérénade, 13 Prendre une chose d'une certaine façon, la considérer, la traiter d'une certaine façon.
Citation : Entrez dans ce cabinet, pour nous écouter, et vous verrez comme je vais prendre la chose,
HAUTEROCHE ,
le Coch. 17 Citation : Aurais-je pris la chose ainsi qu'on m'a vu faire ?,
MOL. ,
Tart. IV, 5 Citation : Vous prenez, croyez-moi, comme il faut cette affaire,
REGNARD ,
le Joueur, V, 8 Sens
38 Comprendre, interpréter, considérer d'une certaine manière. Citation : Vous prenez tout d'un sens contraire à ma pensée,
ROTR. ,
Antig. II, 4 Citation : Je vous crois l'âme trop raisonnable Pour ne pas prendre bien cet avis profitable,
MOL. ,
Mis. III, 5 Citation : Je lui fis excuse d'avoir mal pris son sentiment,
PASC. ,
Prov. I Citation : Ils [les philosophes] ont été sous l'erreur qui a aveuglé tous les hommes dans le premier : ils ont tous pris la mort comme chose naturelle à l'homme,
PASC. ,
Lettre du 17 oct. 1651 Citation : On a pris cela, comme s'il avait voulu braver le roi ; jamais rien ne fut si innocent,
SÉV. ,
134 Citation : On demande comment il faut prendre cette parole de saint Antoine.... que la vraie raison ne se connaît pas elle-même,
BOSSUET ,
Or. V, 12 Citation : On prend tout à mal,
BOSSUET ,
Pensées, 29 Citation : Il faut vous accoutumer à bien prendre mes lettres,
BOSSUET ,
Lett. Corn. 88 Citation : Lorsque la suite du discours détermine le sens auquel on les prend [les termes],
MALEBR. ,
Rech. vér. Éclairc. l. I, t. IV, p. 36, dans POUGENS. Citation : Vous avez fait comme tous les commentateurs ; vous n'avez pas pris le sens de l'auteur,
VOLT. ,
Lett. Thiriot, 4 juin 1756 Citation : Ne lui fais pas de plaisanterie à deux sens, puisqu'il les prend à mal,
MIRABEAU ,
Lett. orig. t. III, p. 545 Citation : Oh ! vous savez bien prendre la chose,
AL. DUVAL ,
Projet de mar. sc. 12 Le bien prendre, se faire une juste idée de la chose.
Citation : Vraiment, dit Ariste, vous le prenez bien, et je ne doute presque pas que votre explication ne soit la meilleure,
BOUHOURS ,
Entret. d'Ariste et d'Eug. VI À le bien prendre, en donnant une juste interprétation.
Citation : À le bien prendre au fond, elle n'est pas si bête,
MOL. ,
Femm. sav. IV, 3 Citation : Dans l'état opulent où Dieu vous a placées, vous êtes, à le bien prendre, les servantes des pauvres,
BOURDAL. ,
Exhort. char. envers les pauv. t. I, p. 9 Prendre quelque chose en bonne part, en mauvaise part, recevoir bien ou mal ce qu'on nous dit, ce qu'on nous fait.
Prendre mal, se fâcher de.
Citation : Il pourrait se trouver des gens qui prendraient mal vos discours,
PASC. ,
Prov. VIII Le prendre mal, se fâcher mal à propos.
Prendre pour soi, s'attribuer, se faire l'application de.
Citation : Le jeune Ménécée a pris ces mots pour lui,
ROTR. ,
Antig. I, 3 Citation : Je vous supplie de ne prendre pour vous aucune des plaintes que je ferai, parce que je ne vous impute aucune des choses dont je me plains,
FÉN. ,
Lett. à Noailles, 8 juin 1697 Prendre une chose à la lettre, au pied de la lettre, l'expliquer selon le sens littéral, dans la rigueur de l'expression.
Citation : S'il faut prendre au pied de la lettre et sans figure tout ce qu'il vient de raconter,
BOSSUET ,
6e avert. I, 8 Citation : Comment, sans vous compromettre, Vous tourner un compliment ? De ne rien prendre à la lettre Nos juges ont fait serment,
BÉRANG. ,
Halte-là. Prendre les choses à la rigueur, les interpréter trop selon le sens propre.
Le prendre à, s'en rapporter au sens de.
Citation : Si vous le voulez prendre aux usages du mot, L'alliance est plus grande entre pédant et sot,
MOL. ,
Femm. sav. IV, 3 Prendre sérieusement une chose, l'entendre comme si elle avait été dite sérieusement.
Citation : Vous moquez-vous de le prendre sérieusement avec un homme comme cela ? ne voyez-vous pas qu'il est fou ?,
MOL. ,
Bourg. gent. III, 14 Citation : Il a pris sérieusement et de travers tout mon badinage,
SÉV. ,
17 janv. 1689 Prendre sérieusement, prendre au sérieux, donner une attention sérieuse.
Citation : Ceux qui vivent dans les plaisirs.... ne prennent rien sérieusement,
BOSSUET ,
Sermons, Am. des plaisirs, I Citation : Jupiter prend le fait très sérieusement,
DANCOURT ,
Céphale et Procris, I, 7 Citation : Au bout de cinquante ans, vous avez daigné enfin me prendre sérieusement,
VOLT. ,
Lett. Richelieu, 4 juin 1772 Citation : La chose fut prise au sérieux,
J. J. ROUSS. ,
Conf. I Prendre en riant quelque chose, ne s'en point fâcher, n'en faire que rire.
Sens
39 Prendre quelqu'un, le considérer, en faire l'objet d'une étude. Citation : Il [Bourdaloue, dans une oraison funèbre] a pris le prince [de Condé] dans ses points de vue avantageux,
SÉV. ,
15 déc. 1683 Sens
40 Soutenir, adopter. Citation : Elle vous a banni, j'ai pris votre querelle,
CORN. ,
Sertor. IV, 2 Citation : Loin d'être les premiers à prendre ma vengeance, Eux-mêmes font obstacle à mon ressentiment,
MOL. ,
Amph. III, 5 Citation : Et vous devez, en raisonnable époux, être pour moi contre elle, et prendre mon courroux,
MOL. ,
Femmes sav. II, 6 Citation : C'est prendre les vrais intérêts du christianisme, que de soutenir que les démons n'ont point été les acteurs des oracles,
FONTEN. ,
Oracl. I, 5 Prendre le parti de, parti pour, voy. PARTI 3, n° 5, et, absolument, prendre parti, voy. le n° 10.
Terme de palais. Prendre le fait et cause de quelqu'un, ou prendre fait et cause pour quelqu'un, intervenir en cause pour lui.
Fig. Dans le discours ordinaire, prendre fait et cause pour quelqu'un, prendre la défense de quelqu'un.
Sens
41 Il se dit des sentiments, des passions que l'on éprouve. Citation : Par l'estime qu'on prend pour un autre mérite,
CORN. ,
Sophon. I, 2 Citation : Prenez des sentiments plus justes et plus doux,
CORN. ,
Tois. d'or, IV, 3 Citation : Où prends-tu cette audace et ce nouvel orgueil ?,
CORN. ,
Cid, III, 1 Citation : Mon coeur en prend par force une maligne joie,
CORN. ,
Poly. III, 5 Citation : J'en pris pour l'avenir dès lors quelques alarmes,
CORN. ,
Oedipe, I, 4 Citation : Un ami, qui m'est joint d'une amitié fort tendre, Et qui sait l'intérêt qu'en vous j'ai lieu de prendre,
MOL. ,
Tart. V, 6 Citation : J'y retournai le lendemain, toujours en badinant de cet amour que je disais vouloir prendre et qui, à ce que je crois, était tout pris,
MARIV. ,
Pays. parv. 4e partie. Citation : Je suis environné de chagrins, quoique je tâche de n'en point prendre,
VOLT. ,
Lett. d'Argental, 8 mai 1773 Citation : Je pris du goût pour la littérature et quelque discernement des bons livres,
J. J. ROUSS. ,
Confess. III Citation : J'ai pris goût à la république, Depuis que j'ai vu tant de rois,
BÉR. ,
Républ. Prendre l'épouvante, avoir tout à coup une grande frayeur.
Sens
42 Obtenir, se procurer. Citation : Vous savez quel empire il a pris sur mon âme,
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